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Obsidia Corporation est un laboratoire scientifique qui travaille anonymement et en toute discrétion sur la modification du génome humain.
Néanmoins, aux yeux du monde, OC est un laboratoire de recherches dans le génie génétique qui prétend pouvoir trouver un remède à toutes les maladies. Lorsqu'un médecin prend en charge un patient dans un hôpital en Ohio, il découvre curieusement un virus encore inconnu à ce jour. Mais très rapidement, alors que le monde est en train de changer, le Dr Hasting fait une découverte surprenante sur l'origine du virus, ainsi que sur le laboratoire OC...

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Lorias Carden
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Lorias Carden
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Jeu 10 Mai 2018 - 17:40



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Je gardais l'étang du coin de l'oeil. Je gardais les bois à l'écoute. La terre et le ciel au toucher. Mon coeur battait fort. Chaque battement m'était douloureux. Je faisais de mon mieux pour contenir mes craintes, mais la sensation de danger battait contre mes tempes, cette vieille sensation que j'avais commencé à ressentir avant même de prononcer mon premier mot, avant même de faire mes premiers pas. Elle était là, dans ma nuque, entre mes côtes, au creux de ma poitrine. Plus je la sentais, plus elle me semblait irrationnelle. Il n'y avait rien, pourtant ! Rien ! Des dizaines de minutes que j'étais aux aguets et pas un signe de danger, alors pourquoi réagissais-je ainsi ? Pourquoi me sentais-je aussi mal ? L'air devenait acide dans ma gorge et piquait mes poumons. J'humidifiai mes lèvres sèches en espérant sentir l'air frais sur celles-ci et ainsi me rappeler que j'avais bien de l'air à disposition, que je pouvais respirer. Je marchais légèrement en retrait de Rae, comme si la garder en vue me rassurait. Pourtant, cela ne suffisait pas.

Je n'avais pas ressenti une telle sensation depuis longtemps. La simple vue de l'étang me donnait la sensation de me noyer. Enfouie sous l'eau, la tête retenue par une force supérieure à la mienne. L'incapacité de me délivrer. L'asphyxie. Un lointain souvenir qui resurgissait ce jour pour une raison qui m'échappait. Quand je survivais seule, je n'avais rien à craindre. Je faisais attention, je ne voulais pas me laisser avoir par les monstres, ni par qui que ce soit d'autre, mais je n'avais jamais peur de mourir. Advienne qu'adviendra. Bête comme raisonnement, mais je n'avais pas eu de but, de motivation pour faire plus que de vagabonder. Cela changeait. Avec Rae, tout pouvait être différent. Tout allait être différent. Elle me donnait un semblant de vie d'avant, une vie que j'aurais pu avoir, mon futur passé, le futur que j'aurais pu avoir dans l'avant si le monde n'avait pas basculé. Mais l'avant... mon passé concordait avec la griseté du monde actuel. Et l'étang semblait se moquer de moi. Les bois eux me disaient de fuir, de ne pas rester pour ne pas que ça recommence. Non, il ne fallait pas que ça recommence. Je n'avais plus Emily, encore moins ma famille d'adoption pour me protéger désormais. J'étais seule. Terriblement seule dans ce danger aussi imminent que perpétuel. Et comme si j'étais sous l'eau, comme si j'étais contre ces arbres sous une marée qui ne cessait de monter, maintenue par une gigantesque main qui avait tous les pouvoirs sur moi, j'étouffais.
Je m'arrêtai brusquement sur le chemin alors que nous allions nous enfoncer dans les bois.
Cela faisait longtemps que ça n'était pas arrivé. Je pensais en être libérée. Emily n'était pas là pour m'aider. Mes poumons s'écrasaient l'un contre l'autre. Mon coeur cognait ma poitrine, prêt à la briser pour tomber au sol. Mes yeux me piquaient, ma vue floue m'empêchant d'apercevoir clairement les traits de mon environnement. Mes tempes pinçaient l'intérieur de mon crâne. Ma gorge ne pouvait plus prendre d'air sans risquer d'exploser.
Mon bras attrapa la seule chose qu'il put : celui de Rae. J'ouvris la bouche, voulant lui dire ce qui m'arrivait, car je le savais maintenant, je le comprenais, j'aurais dû le comprendre plus tôt au lieu de craindre son retour, mais ni aucun mot ni aucun filet d'air ne quitta mes lèvres. Cela suffit pour que la panique gagne le contrôle total de mon corps, le faisant trembloter comme si on lui infligeait une mince décharge électrique. Après l'apocalypse, je n'avais jamais cru que cela recommencerait. Mais c'était le cas. C'était revenu.
Je faisais une crise d'angoisse.
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Rae Lucas
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Jeu 10 Mai 2018 - 23:27
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je sentais de la tension entre Lorias et moi. Elle n'était pas volontaire, puisqu'elle venait surtout de la part de la brune. Son empressement à partir, sa manie d'observer les alentours avec inquiétude, prendre quelques pas de retard sur moi. Je n'étais pas tranquille et je ne savais pas si je pouvais me fier à son ses intuitions ou non. J'avais envie de lui faire confiance et je savais que je le pouvais pour certaines choses. Mais la vie en solitaire dans un monde tel que le notre, cela ne nous rendrait-il pas parano ? Pour autant que l'on soit reposé, nos sens avaient de quoi être suffisamment réveillés pour scruter tout ce qui nous entourait. Je me souvenais, dans mes mois d'égarement, j'étais parfois si fatiguée que je m'écroulais dans des endroits improbables. Je savais que ma vie était en danger et que c'était une très mauvaise idée. Mais quand tes jambes ne te portent plus, quand la faim te ronge de l'intérieur, quand la soif dessèche tes lèvres... J'étais téméraire, mais dans cette bulle d'espoirs déchus, il était arrivé que je m'écroule. Il m'était arrivé que je n'en veuille plus. Il m'était arrivé de baisser les bras. Dans ces instants, j'avais eu de la chance de ne pas tomber sur un zombi égaré et affamé. Comme quoi, je devais avoir une bonne étoile. Ou sinon, je ne serais plus à en cet instant. Et après ces moments d'épuisement, de désespoir... Je trouvais, inconsciemment, le courage de me relever. Et je repartais. A chaque fois un peu plus fatiguée que la précédente, mais je voulais tenir bon. Je voulais survivre.

Se présenta devant nous la fameuse route goudronnée qui s'enfonçait dans les bois. J'observais les buissons avec grande attention avant de m'engouffrer dans la forêt. Mais tout à coup, Lorias attrapa mon bras. Je fis volte-face, je savais qu'il y avait un problème. Elle se tenait là, tenant mon poignet si fort que je pensais qu'elle ne me lâcherait jamais. Sa bouche était ouverte, elle voulut s'exprimer mais aucun son ne sortit d'entre ses lèvres. Puis, elle se mit à trembler. Moi aussi. Car sur le coup, je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Je regardais autour de nous, mais rien, tout était calme. Je cherchais dans son regard paralysé une réponse. Lorias, soufflai-je terrifiée. Tout s'était passé en quelques secondes à peine. Dans le stress et la peur, je ne m'étais pas aperçue d'un fait flagrant: la brune avait un mal fou de respirer. De surprise, j'écarquillai les yeux: Lorias faisait une crise d'hyperventilation. Elle en avait tous les symptômes du moins. Cela était souvent lié à l'angoisse, mais dans le cas présent, je ne pouvais pas voir ce qui l'était vraiment. L'ambiance était pesante, certes, car nous ne savions pas ce que nous allions pouvoir trouver au détour d'un arbre. Mais ça ne changeait rien à notre quotidien... J'avais mieux à faire que réfléchir à la raison de son angoisse, je ferais mieux de l'aider, avant qu'elle ne manque d'air.

Je posai mes mains sur ses bras, je la regardai intensément et je prenais de longues respirations. A défaut d'un sac en plastique pour régler son hyperventilation, nous allions devoir y aller avec des méthodes plus naturelles. Je me souvenais, à l'école. Une fille dans ma classe faisait souvent des crises d'hyperventilation et la maîtresse lui donnait un sachet afin de respirer à l'intérieur. Souvent, en quelques minutes à peine et tout redevenait à la normale. Ici, j'espérais que tout s'arrange au plus vite... Nous étions totalement vulnérable et à découvert. Chuuut, tu ne risques rien. Tout va bien, je suis là. Je frictionnais ses bras, la forçant à se calquer sur mon regard et mes respirations. Essaie d'inspirer, puis expiiiire... Il fallait surtout accentuer les expirations, ce qui permettait de se détendre. L'une de mes mains quitta ses bras, se posa sur son visage et passai l'une de ses mèches brunes derrière son oreille. Je laissai mes doigts sur sa joue, espérant que ça s'arrangera facilement et sans encombre. Car dans mon regard brillait une pointe d'inquiétude, pour elle et pour nous. Je ne voulais pas qu'il nous arrive du mal. Pas maintenant. Jamais.
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Mar 15 Mai 2018 - 20:41



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Comment pourrais-je lui expliquer ça ? Jusqu'ici je l'avais protégée, aidée, je m'étais trouvée utile dans la survie. J'avais été capable de la rassurer et de la soutenir. Elle avait peut-être l'espoir d'avoir trouvé quelqu'un de fiable, quelqu'un à qui se tenir quand tout allait mal. Et là, elle découvrait que je n'étais pas aussi solide que je le montrais. Il faudrait que je lui explique que ça n'était pas arrivé depuis longtemps, que ça n'arrivait pas toujours, que tout irait mieux, que je ne serais pas un poids aussi lourd. Il faudrait que je lui dise que, pendant une infime seconde, j'étais cette gamine de retour avec son père, de retour dans ce cauchemar duquel on m'avait sortie quelques années plus tard, et que ces souvenirs déclenchaient en moi une répulsion totale de la vie. Il faudrait que je lui explique tout ça alors que la simple pensée de cette époque me coupait la respiration. Comment y parviendrais-je ? Je n'étais jamais parvenue à en parler. Emily l'avait fait pour moi.

Rae me prouvait encore une fois qu'elle faisait partie du personnel médical avant l'apocalypse en me prenant en charge rapidement. Elle faisait de son mieux pour me rassurer, pour m'aider à respirer convenablement, mais autant j'écoutais sa voix avec toute l'attention qu'il me restait, autant mes poumons ne se déliaient pas. Je suffoquais sans ne rien pouvoir y faire. Les mains se resserraient autour de mon cou, un poids lourd enfonçant mon crâne sous l'eau et il n'y avait plus aucun autre moyen d'asphyxie qui n'était pas employé sur moi. Un sac, peut-être, il ne manquait qu'un sac, mais ça, je le savais, viendrait sous la forme d'un sac funéraire. C'était un cauchemar sans fin. Une longue mort. Mes yeux pleuraient sous le manque d'oxygène tout en cherchant l'océan pacifique que contenaient ceux de Rae. Ce bleu dans lequel je pouvais me noyer sans asphyxie aucune. Il fallait que j'arrive à m'y plonger. Il me fallait quitter ces eaux noires pour aller me réfugier dans les eaux calmes du regard bienveillant de Rae. Il fallait que j'y arrive. Je luttais. Mais ma vue se teintait de noir et je craignais de ne pouvoir y parvenir.
Le cauchemar avait été là en moi trop longtemps, enfermé, suffoqué, presque oublié. Il n'avait fallu que d'un moment de rêve pour qu'il resurgisse brutalement.
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Mar 15 Mai 2018 - 22:18
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je me sentais impuissante dans cette terrible tragédie. Tandis que le coeur de Lorias ralentissait à la recherche désespérée d'oxygène, le mien battait si fort qu'il aurait pu battre pour elle. Je sentais la panique me gagner. En réalité, je n'avais jamais eu à m'occuper médicalement d'une personne que j'appréciais vraiment. Ils avaient toujours été des inconnus, des patients comme les autres. Je parvenais à me détacher de ces gens-là, à ne penser qu'à ce que je faisais et non pas aux risques qui pouvaient en découler. J'étais très professionnelle dans ces cas-là. On me l'avait beaucoup fait remarqué d'ailleurs. Néanmoins, aujourd'hui, je me sentais totalement perdre les pédales. Je voyais le doux teint mat de Lorias devenir bleu. Je voyais ses mains s'accrocher à sa gorge, cherchant à retirer le poids imperceptible qui continuait de l'écraser. Je voyais son regard chercher le mien, tentant de s'y accrocher. Je sentais son corps trembler sous mes mains. Je sentais mes yeux se remplir de larmes. Je venais à exercer une pression involontaire sur ma main qui détenait encore son bras, tandis que je continuais de déblatérer des mots sans importance, que je ne contrôlais même plus. Lorias, écoute moi, je suis là, essayais-je en vain de la calmer.
Puis, je me souvins de la respiration. C'était primordial dans ce genre de situation. Tout ce que je pouvais faire était de l'inciter à m'imiter. Alors je pris sur moi, sur mon stress qui ne cessait de grimper, pour prendre de longues inspirations et expirations. Fais comme moi. Inspire, puis expire, doucement. Ma seconde main caressait son visage. Mes doigts étaient tremblants, mais je cherchais à la faire garder son attention sur moi. Je pris l'une de ses mains entre la mienne et la déposai au-dessus de ma poitrine. Je faisais toujours mes longues et régulières respirations. Et je me disais que ça l'aiderait peut-être à calquer son rythme effréné sur le mien.

J'avais peur. Peur que si vite arrivée, on me l'arrache violemment. Alors que j'étais si bien avec elle. Comme tout le monde, je ne demandais qu'un peu de bonheur dans ce quotidien morose. Mon destin était-il voué à me prendre les gens que j'aimais ? Serait-ce un éternel recommencement ? Un cercle vicieux d'attachement puis de douleur ? Ce n'est pas comme ça que tu te débarrasseras de moi. Je parlais autant à mon destin qu'à Lorias. Je n'allais pas la laisser s'en aller, pas si simplement, si bêtement.  Tu vas rester avec moi et ce pour longtemps encore.
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Mar 15 Mai 2018 - 23:05



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Ma main trouva un peu de chaleur au creux de celle de Rae. L'eau disparaissait tout autour d'elle. Je sentais que je pouvais encore me délivrer. Je n'étais pas condamnée à rester sous l'eau glacée jusqu'à la fin. J'y avais échappé une fois, je pouvais encore en sortir, encore et encore, je pouvais décider de ne jamais laisser les grosses mains gagner. Combien de fois cela m'était-il arrivé ? Combien de fois cela allait-il m'arriver ? Etais-je condamnée à étouffer encore et encore, à chaque fois que j'irai bien, chaque fois qu'Emily me laissait le contrôle de ma vie, chaque fois que le chemin s'éclairait devant moi et que je pensais, ne serait-ce qu'une seconde, que je pouvais vivre heureuse. Même un moment.

Je ne pouvais pas le laisser me gâcher la vie. Je ne pouvais pas laisser son image s'insinuer dans mon esprit, disjoncter mon cerveau, ses grosses mains attraper mon coeur et le presser comme elles avaient pressées ma poitrine si fort que j'avais cru qu'elles allaient traverser ma cage thoracique. Je ne pouvais pas le laisser faire. Rae luttait pour moi. Elle luttait pour nous. Elle me connaissait à peine, découvrait tout juste le démon qui sommeillait en moi et pourtant elle luttait. Je sentais sous la paume de ma main les battements de son coeur et le lent soulèvement de sa poitrine que mes lèvres avaient pu découvrir la nuit dernière. Elle voulait que je reste avec elle. Je n'avais pas tout entendu, mais ces mots m'avaient atteint. Ces mots avaient du sens. Avec moi. Moi. Avec elle. Pas avec lui. Lui disparaîtrait avec le temps. Les médecins me l'avaient promis. Il me l'avait promis. Emily me l'avait promis. Il disparaîtrait et je serai libre. Peu importait le temps que ça prendrait. J'avais la possibilité de rester assez longtemps auprès de Rae pour le voir disparaître pour de bon. Peut-être même que Rae serait celle à le chasser définitivement.
L'espoir.
C'est ça qui ôta un peu du poids de ma poitrine. Et les images sombres qui hantaient mon esprit étaient peu à peu remplacées par le visage angélique de Rae, dont les boucles blondes tombaient en cascade sur mon visage. Et je plongeai mon regard dans le sien, me noyant enfin dans cet océan de bien-être, tandis qu'elle approchait son visage pour saisir mes lèvres. Les détails de ce moment étaient aussi nombreux que s'il était réel, car il était si récent que j'avais un peu plus de détails que pour n'importe lequel de mes souvenirs cauchemardesques.
J'inspirai un grand coup. J'allais respirer. Je laissai mes bras glisser sur les épaules de Rae pour pouvoir m'appuyer sur et contre elle, ne pas chuter sous l'épuisement, et surtout, surtout, pour ne pas qu'elle me lâche. En si peu de temps, nous avions découvert nos démons respectifs. Il s'avérait finalement que nous avions autant besoin de l'autre, à une échelle vitale.
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Mer 16 Mai 2018 - 18:46
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Sa main, tenue fermement au creux de la mienne et toujours posée sur ma poitrine, me paraissait glaciale. Comme si le sang ne parvenait déjà plus jusqu'au bout de ses doigts. Etait-ce normal ? Etait-ce mon imagination ? Etait-ce la peur qui me jouait des tours ? Dans cette même hallucination, je crus voir la vie quitter ses iris. Ce regard qui avait su capter mon attention. Celui qui m'avait paru si fort, celui qui m'avait attirée à elle. Il était si vivant et à cet instant... L'air n'entrant plus dans son corps, il perdit de son éclat. Il devint terne. J'en eus le souffle coupé. Cette vision d'horreur allait-elle s'arrêter ? Etait-elle seulement réelle ? Lorias allait-elle m'échapper entre les doigts, comme un filet d'eau, indomptable, sans que je ne puisse la retenir ? Un étau se resserra autour de ma propre gorge. Mais ça n'était pas une crise d'hyperventilation. C'était un terrible sanglot qui menaçait d'éclater.

Puis tout à coup, une grande inspiration m'éveilla de mon cauchemars. Puis une seconde. Les iris émeraudées de Lorias se gorgèrent à nouveau de vie. Je faillis ne pas y croire. Je m'émerveillai face à ce renouveau tandis que la belle brune s'effondra dans mes bras. Je l'entourai la serrant contre moi de toutes mes forces. Je ne voulais pas la lâcher, jamais. Je tiendrai bon pour elle. Elle s'était montrée présente pour moi quelques instants plutôt, dans un des moments où j'avais le plus besoin de quelqu'un. Désormais, c'était à mon tour que je pouvais lui prouver que j'étais quelqu'un de fiable. Que je serai là pour la soutenir, pour la pousser, l'amener plus loin même quand elle ne le voudrait plus. En très peu de temps, nous nous étions prouvées mutuellement que nous étions de confiance pour l'autre.
J'avais besoin d'évacuer toute cette frayeur qui venait de compresser mon corps. La seule manière que je trouvai, car beaucoup trop occupée à écouter les respirations de Lorias, était de laisser couler les larmes. C'est fini, c'est terminé, terminé... répétai-je afin de m'en persuader et d'éloigner tous ces films que je m'étais déjà imaginé. Aussi pour la rassurer elle, qui avait manqué d'oxygène pendant trop longtemps. J'enfouis mon visage dans sa nuque, humant l'odeur de ses mèches brunes fraîchement lavées la veille. Il s'en était passé des choses depuis, mais la senteur qui s'en dégageait me faisait un bien fou. Elle me prouvait un peu plus que Lorias était belle et bien là. Vivante.

J'attendis encore un peu, fermement, qu'elle ait bien retrouvé son souffle. Puis je me reculai un peu, prenant son visage entre mes mains. Les larmes de soulagement coulaient encore sur mes joues, mais je ne les cachais pas. Je n'avais pas la tête à ça. Elle roulaient si naturellement, je n'avais pas la force de les retenir. J'en avais seulement assez pour dire ; j'ai eu si peur. Et pour l'embrasser.
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Jeu 17 Mai 2018 - 19:37



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C'est fini. C'est terminé. J'espérais vivement que Rae avait raison, que cette crise serait la dernière. Mes rêves seront-ils paisibles la nuit prochaine ou serai-je enfermée dans un cauchemar plus effroyable encore ? Je voulais oublier ce passé mais il resterait toujours là, dans un coin de mon esprit, prêt à resurgir à n'importe quel moment. J'avais mis des années à faire la paix avec moi-même, et les cauchemars venaient encore tenter de m'anéantir. J'étais fatiguée. Mais je continuais. Car lui était mort, et je vivais. Je n'allais pas me laisser mourir à cause de lui. J'allais continuer, me défendre au maximum contre ces démons. Surtout maintenant que j'avais une raison de me battre. Rae était une raison plutôt convaincante. Son déchirement me brisa le coeur une nouvelle fois. Notre attachement avait été si rapide... dans un monde où il paraissait si difficile de trouver une raison de vivre, je comprenais ce besoin de s'attacher. Cela ne me venait pas naturellement, je ne m'accrochais pas au premier venu, mais Rae était devenue pour moi une évidence. Nous devions poursuivre ensemble et survivre à deux jusqu'au bout. Car nous étions les seules capables de faire fuir les démons de l'autre.

Le visage de Rae fit face au mien et je vis les larmes qui dégoulinaient sur ses joues. Elle ne prit pas la peine de les essuyer, au contraire, elle les affichait sans honte. Tandis que moi, j'avais honte de m'afficher aussi faible alors qu'elle m'avait fait confiance. Je devais être capable de la protéger et au lieu de ça je nous avais arrêtées sur notre chemin et le bruit de ma crise avait peut-être attiré des morts ou, pire, des vivants.
Ses lèvres rencontrèrent les miennes avant même que je ne puisse dire un mot. Cela m'insuffla une bouffée de vie qui se traduisit par une longue inspiration de ma part. Ma respiration reprit peu à peu un rythme normal et, alors que nous nous séparions, je pris sa main dans la mienne que je pressai en signe de reconnaissance. Je ne me sentais pas de parler tout de suite. Je savais seulement que nous avions assez traîné et qu'il valait mieux repartir au plus vite. J'essuyai doucement les larmes sur les joues de Rae et laissai ma main apaiser la joue rouge de pleurs. Son regard me redonnait confiance en l'avenir. Je n'étais pas destinée à étouffer. Je pouvais surpasser cela. Avec elle. J'approchai doucement mon visage et déposai un baiser simple sur l'autre joue humide de Rae en guise de remerciement muet. C'était un baiser chaste. Il n'était plus question d'une forte attirance sexuelle, mais désormais d'un lien humain nécessaire à notre vie. Nous nous sauvions l'une l'autre de plus d'une manière différente. Et pensant à bien respirer calmement tout en gardant l'esprit léger, je fis le premier pas vers la poursuite de notre chemin. Vers ce refuge qui deviendra notre foyer.
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Sam 19 Mai 2018 - 19:53
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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je me demandais bien ce qui avait pu créer une telle horreur à Lorias. Je me demandais bien ce qui avait pu la rendre dans cet état. Avais-je dit ou fait quelque chose pour rappeler de mauvais souvenirs ? Pour l'inquiéter ? D'où provenait cette crise d'angoisse alors que tout semblait tranquille, qu'il n'y avait aucun ennemi à l'horizon, que même nos discussions s'étaient tues ? Je connaissais très peu Lorias, mais assez pour savoir que ce qui la terrorisait n'était pas anodin. Jusqu'à maintenant, elle s'était montrée à moi telle une femme forte, inébranlable. Mais toute personne n'ayant pas de faiblesse n'était pas humaine. J'avais les miennes, Lorias avait les siennes. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Au contraire, je ne pouvais que lui tendre la main pour l'inviter à me suivre, à me montrer forte pour elle, car elle en avait besoin.

Notre baiser dura un instant et mon coeur se réchauffa d'une douce et agréable chaleur. Celle de la confiance, celle de l'attachement, celle du sentiment de solitude qui s'évaporait. Je savourais ses lèvres contre les miennes car j'ai cru un instant que je n'aurai plus jamais pu les retrouver de la sorte. Alors que les larmes continuaient de rouler sur mes joues, Lorias prenait ma main, tandis que l'autre caressait ma joue humide. Et elle y déposa un baiser. D'un air un peu hébété, je souris. Bien sûr que non. Lorias ne pouvait pas mourir. Comment ai-je pu penser à une telle tragédie ? Lorias était une survivante. Elle s'était permis un instant de faiblesse, tout le monde avait droit à cela. Et tout comme elle auparavant, je m'étais montrée présente dans son instant de détresse.
Elle fit un premier pas, sur la route goudronnée à travers les bois. Je ne lâchai pas sa main, je voulais la garder encore un peu. Dans cet instant hors du temps dénué de mot je la suivis et nous marchions côte à côte cette fois-ci, enchaînant les pas, les foulées. Comme s'il ne s'était rien passé, nous continuions d'être attentives à ce qui nous entourait et je priais réellement pour qu'une pause nous soit offerte. Après toutes ces émotions, j'avais besoin d'un instant de recueillement à ses côtés, tout comme Lorias avait besoin de prendre son souffle. Ce moment ne s'était pas montré anodin pour aucune d'entre nous et je souhaitais que l'on puisse être épargnée encore quelques instants, le temps d'un kilomètre ou deux.

Plus de mot ne s'élevaient d'entre nous deux. J'avais vite compris avec Lorias qu'ils n'étaient pas toujours nécessaires. Les gestes, les regards, cela suffisait à se faire comprendre. De nos jours, nous utilisions les mots à trop mauvais escient. Nous les utilisions pour combler le vide, alors que simplement se taire, écouter, pouvait se montrer tout aussi bien.
Bientôt, nous eûmes traversé les bois et en contrebas nous pouvions apercevoir la petite ville déserte. Nous pouvions faire le choix de la contourner, afin de ne pas croiser trop de zombies ou d'humains potentiels, tout comme nous pouvions la traverser et partir à la recherche d'un véhicule abandonné en état de marche... Les deux solutions profilaient des risques comme des avantages.

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Lun 21 Mai 2018 - 16:15



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« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Nous faisions désormais face à la ville. Cet amas de dangers que l'épidémie n'avait su abattre. La nature reprenait doucement ses droits mais il lui faudrait des millénaires pour reprendre le contrôle totale sur les dégâts que l'homme avait causé. Personne de vivant aujourd'hui ne verra la nature une fois le contrôle repris. Fallait-il encore que la nature ait le temps de reprendre ses droits avant que l'homme ne se relève et la massacre à nouveau...
Une longue bouffée d'air inspirée et je soufflai calmement. Il faudra que j'explique à Rae. Cette pensée me hantait. J'avais honte et je me sentais obligée de lui donner les raisons si complexes et pourtant complètement absurdes de ces crises. Je voulais oublier. Je voulais que mon corps se taise et me laisse me murer dans le silence. Mais non. Il voulait que je me souvienne pour toujours de là où je venais, de ce qui m'avait construite comme la personne que j'étais aujourd'hui. Construite... plutôt brisée... j'étais un tas de pierres effondrées. Des pierres qui auraient pu former la plus grande et la plus belle des tours. Il en faut peu pour gâcher une vie.

Je serrai la main de Rae dans la mienne. Traverser la ville s'avérait dangereux mais nous prendrions beaucoup trop de temps si nous la contournions et la journée passait beaucoup trop vite. Le mieux était de traverser la ville en espérant trouver un véhicule, même le plus mince soit-il... des bicyclettes, des trottinettes... n'importe quoi qui nous permettrait de traverser cette ville un peu plus vite et d'arriver le plus rapidement possible au camp dont Rae parlait. Je voulais me reposer. Je voulais nous savoir en sécurité toutes les deux. J'avais besoin d'un moment de paix pour mettre mes idées et sentiments au clair. Ma précédente crise en était une preuve.
- Passons par la ville. On pourrait peut-être trouver quelque chose d'utile... dis-je pour m'assurer que c'était une bonne idée.
Bien sûr, Rae était en droit de refuser et de proposer son idée, même s'il me semblait qu'il n'y avait pas de bonne ni de mauvaise idée. On prenait un chemin et on espérait que ça se passe bien. On ne pouvait jamais prévoir les incidents avec clarté. Parfois, les bruits, les traces nous permettaient de savoir quel chemin éviter, mais ce jour, rien d'alarmant. Il fallait tenter. Inutile de perdre du temps.
- Si on vient, pour je ne sais quelle raison, à se perdre de vue, on se rejoint ici, d'accord ?
Ici, à l'entrée de la ville. Là où nous serions certaines de nous retrouver, même si cela signifiait revenir en arrière. Il était hors de question que nous nous perdions ici. Le regard brûlant que j'accordai à Rae montrait ma détermination à nous amener toutes les deux vivantes et bien portantes au camp. Il fallait qu'on s'en sorte. Notre première aventure ne pouvait être notre dernière.
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Lun 21 Mai 2018 - 21:26
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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Mes doigts serraient toujours ceux de Lorias, je ne voulais pas la lâcher, j'étais trop bien avec elle. Rien que ce contact si simple, témoignait beaucoup de l'affection que j'éprouvais déjà pour elle. Maintenant que nous avions chacune découvert les démons de l'autres, je sentais que nous pouvions aller loin, ensemble. Nous contemplions la ville se dessiner en contrebas de la petite colline. Elle nous apportait une belle vue, ainsi nous pouvions prévoir notre itinéraire afin de la traverser le plus simplement possible, ou alors de la contourner. Cette petite bourgade devait être agréable, du temps où l'Humanité était prospère. Elle n'était pas très grande, le genre d'endroit dans lequel j'avais grandi. Tout le monde se connaissait, se saluait, appréciait passer du bon temps avec ses voisins. Aujourd'hui, et depuis notre point de vue nous pouvions clairement l'apercevoir, elle était comme le restant du monde: dans la déchéance.

Apparemment, Lorias avait la même interrogation silencieuse. Sans que je ne lui pose la question, elle me proposa de passer dans la ville. C'était certainement ce qui nous offrait le plus de possibilité. Si nous ne prenions pas le risque, alors nous terminerions notre voyage à pied. Et il nous en faudrait du temps. Disons que ça n'était pas ce qui nous manquait, évidemment. Je n'avais rien d'inscrit dans mon agenda. Mais contre toute attente, je préférais tuer le temps tranquillement au camp avec Lorias plutôt que de s'inquiéter encore pour notre survie. Alors, j'hochai la tête à la brune tandis que nous descendions la route. C'est quand nous arrivâmes en bordure de la ville qu'elle m'exposa le plan. Je n'aimais pas l'idée que l'on soit séparée... Mais elle était prévoyante. On ne savait pas ce qui pouvait nous attendre ici, mieux valait se méfier. Je voyais que Lorias n'appréciait pas spécialement non plus ce scénario, mais son regard me rassurait. Bien sûr. Nous ferons ça. J'avais envie de rajouter "de toute manière, cela n'arrivera pas" mais je ne voulais pas me lancer sur des suggestions hâtives. A regret, je lâchai sa main chaude et pris doucement mon glock 19 dans ma poigne. Je me tenais prête au cas où des monstres ou des humains débarqueraient. Toute personne montrant un brin d'animosité envers Lorias se ramasserait une balle bien placée. Personne ne s'approcherait d'elle pour lui faire du mal. Qu'il soit vivant ou mort.

La ville nous ouvrait les bras. Sans un bruit, nous y fîmes les premiers pas en nous séparant entre les voitures garées en catastrophe au milieu de la rue. Les gens ici étaient partis précipitamment et avaient tout laissé sur place. L'avenue semblait tranquille, mais la plupart des véhicules étaient accidentés et certainement pas en état de rouler. Nous passâmes à côté d'un grand immeuble, sur son mur un panneau indiquait un "P" pour parking. Nous aurions peut-être une chance d'y trouver un véhicule. Prenions-nous un tel risque ? Un endroit clos, peu éclairé, pouvait grouiller de zombies. Mais la probabilité qu'on y trouve une voiture était augmentée. Tu me couvres ? demandai-je à la brune en la cherchant du regard.

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Mer 23 Mai 2018 - 20:39



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Je me sentais vide, tout à coup. Après la crise tout à l'heure, mon corps retrouvait son calme. Je marchais aux côtés de Rae en prêtant attention aux véhicules abandonnés. Il nous en fallait un. On ne sortirait jamais de cette ville avant la tombée de la nuit si nous restions à pied. Nous passâmes devant une pharmacie et j'hésitai un instant à m'y engouffrer, mais je m'abstins. Nous n'avions pas le temps. La priorité était de quitter la ville. Nous avions encore de la nourriture et une petite trousse à pharmacie pris à la station service hier, cela devait suffire. Ce dont nous avions besoin maintenant était un moyen de transport. Cepandant, aucune voiture sur la route ne semblait en état de marche. Toutes abandonnées, abîmées, accidentées... aucune d'elle ne nous emmènerait plus loin que le bout de la rue. Nous marchâmes encore un moment avant que Rae ne s'arrête soudainement. Elle désigna un panneau sur la façade d'un bâtiment et je reconnus l'entrée d'un parking. Un parking, bien sûr ! Nous allions bien trouver une voiture en état de marche dans un foutu parking !

Suivant les ordres de Rae, je m'armai de la dague et nous entrâmes prudemment dans l'enceinte de l'ensemble. Il y avait pas mal de voiture éparpillées, mais pour s'assurer d'avoir une voiture fonctionnelle mieux valait en choisir une garée proprement. Mes pas se firent de plus en plus prudents. La luminosité était faible ici, il était plus prudent d'avancer doucement le temps que nos yeux s'habituent à ce nouvel environnement. Il était hors de question qu'on se fasse mordre à cause d'un manque de visibilité. Nous nous engouffrâmes entre les voitures, et je gardai suffisamment d'espace entre Rae et moi pour que je puisse l'aider sans me faire attaquer si elle était en danger, et inversement. Quelque chose ne tarda pas à m'interpeller, mais rien à voir avec un mort. Non, c'était un véhicule.
- Rae, murmurai-je calmement, là-bas.
Je pointai alors le vieux van coloré garé de l'autre côté du parking. S'il roulait bien, ce véhicule serait parfait pour quitter la ville. Ses couleurs ne le rendaient peut-être pas discrets, mais il nous permettrait de dormir en sécurité si nous n'arrivions pas au camp de Rae avant la nuit.
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Lun 28 Mai 2018 - 20:55
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Ce parking n'avait rien de rassurant. Son entrée s'engouffrait dans le sous-sol d'un immeuble. Les néons, pour ceux qui n'étaient pas à bout de forces, clignotaient dangereusement et menaçaient de nous plonger dans les ténèbres à tout instant. Je tenais fermement mon arme dans ma poigne, j'ajustai mes doigts à la crosse. Trouvant le regard de Lorias, je me sentis plus confiante. Elle restait derrière moi, elle couvrait mes arrières. Dans cette situation, je ne risquais rien. Parce qu'elle était là.
Alors pas à pas dans un silence de mort, nous descendîmes dans les abîmes. L'obscurité nous recouvrit et tout de suite nous fûmes plongées dans une ambiance macabre, humide, malodorante, froide. Cet espace était immense, on en voyait toujours le fond depuis l'endroit où nous nous trouvions, proche de l'entrée.

Le murmure de Lorias m'interpellant me fit faire volte-face. D'abord, à cran comme je l'étais, j'ai cru à un danger. Mais la brune m'indiqua de la tête un véhicule qui allait me convenir à ravir pour autant qu'il daigne rouler. Se trouvait là un van, qui autrefois, devait être étincelant de sa nouvelle peinture orange. Le petit van VW, avec deux places à l'avant, était parqué juste là devant nous. Il semblait nous ouvrir les bras. Son propriétaire devait faire bien des jaloux dans l'Avant avec un tel van. Mais pour le coup, son conducteur était certainement mort, comme le restant de l'humanité. Alors ce fabuleux van de collection, il était à nous. Après le chalet, il serait notre nouveau petit havre de paix pendant quelques temps, avant de s'en aller encore une fois, à contre-coeur, puis de recommencer. C'était ça la survie en petit comité... Il ne fallait pas rester longtemps au même endroit. Il fallait toujours bouger et surtout se serrer les coudes.
Gardant le silence, j'hochai la tête à la merveilleuse trouvaille de la belle brune. Je me dirigeai vers le VW et ouvris la portière. Il était un peu poussiéreux à l'extérieur, après tout il était resté là bien des années. La chance s'offrit à moi, il n'avait pas été verrouillé. Mais en revanche, le conducteur n'avait pas laissé les clés sur le contact. Il nous faudrait bidouiller les fils. Voilà bien longtemps que je n'avais pas fait ça... Je n'étais pas sûre de pouvoir reproduire un tel exploit. Peut-être Lorias l'avait fait encore récemment et saurait mieux s'y prendre ?
-Lorias ? Tu saurais faire démarrer le moteur ? demandai-je à voix basse.
Puis je tendis l'oreille. A part l'écoulement au goutte à goutte de quelques conduites, cet endroit était bien trop calme. Aucun zombie n'avait-il élu domicile ici ? Ou des animaux ? Ce parking était désert, il n'y avait pas un bruit. Chaque pas que nous faisions résonnaient contre les murs sombres, rendant l'endroit plus sinistre encore. Même nos voix se faisaient entendre dans tout le grand hall. Si des zombies se trouvaient dans le coin, ils n'allaient pas tarder à s'éveiller...
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