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Obsidia Corporation est un laboratoire scientifique qui travaille anonymement et en toute discrétion sur la modification du génome humain.
Néanmoins, aux yeux du monde, OC est un laboratoire de recherches dans le génie génétique qui prétend pouvoir trouver un remède à toutes les maladies. Lorsqu'un médecin prend en charge un patient dans un hôpital en Ohio, il découvre curieusement un virus encore inconnu à ce jour. Mais très rapidement, alors que le monde est en train de changer, le Dr Hasting fait une découverte surprenante sur l'origine du virus, ainsi que sur le laboratoire OC...

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Rae Lucas
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Rae Lucas
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Mer 4 Avr 2018 - 14:07
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Voilà bien longtemps que je n'avais plus eu un réveil si réparateur, si tranquille, sans être hanté par les images du passé. Lorias avait révélé en moi une nouvelle envie, un nouvel objectif, celui de voir plus loin. De vivre pour ce qu'aujourd'hui a à offrir et non pour ce que hier nous a pris. C'est dans cette nouvelle philosophie que je me suis laissée porter dans les songes et que je me suis sentie si bien. Je ne sais pas exactement si c'était les douces caresses de la brune ou les rayons de lumière qui fendaient les rideaux qui me réveillèrent, mais doucement je me sentis reprendre pied dans la réalité. Nous n'avions quasiment pas bougé, j'étais toujours blottie contre elle, mon bras la serrant contre moi. Je ne voulais pas me mouvoir, pas d'un millimètre, j'étais trop bien avec elle. Ce moment me semblait parfait. Nous étions dans ce petit cabanon, si bien, si agréable. Comme un coin de paradis au milieu du monde dévasté. J'aurais voulu rester ici pour toujours, loin de tout, avec elle. Mais tôt ou tard, le devoir allait m'appeler et je devrai retourner auprès des miens. Ils avaient besoin de moi désormais. Je m'étais liée aux Lignums comme on se lie à une famille de substitution, à des amis. J'avais des responsabilités auxquelles je ne pouvais faillir. J'avais envie de demander à Lorias de me suivre. Je n'avais pas envie que nous reprenions des routes différentes. Néanmoins, je trouverais déplacer de lui demander une telle faveur. Nous nous étions peut-être liées, le temps d'une nuit, mais je ne voulais pas la séparer de sa liberté. Peut-être appréciait-elle cela. De vivre pour elle-même en solitaire. Moi, je savais que ce genre de vie ne me convenait pas. J'avais besoin d'une communauté soudée afin de m'épanouir. Et je ne pouvais en rien forcer Lorias à me suivre si ça n'était pas son idéal. Avec le jour, la réalité prenait le dessus et je me rendais compte que j'avais peut-être trop espéré. Que Lorias n'était qu'un doux rêve qui n'apparaissait que la nuit et qui disparaissait une fois le soleil levé... Le doute s'installait en moi au fur et à mesure que je m'éveillais. Jamais je ne l'aurais avoué à voix haute, mais une peur étrange s'installa en moi, dans un recoin de mon coeur: celle de voir sa silhouette s'en aller, puis se volatiliser, aussi rapidement qu'elle était entrée dans ma vie.

Alors, les yeux toujours clos, mon bras resserrant son étreinte et à moitié éveillée, je me pressai un peu plus contre la brune en lâchant dans un soupire qui, en réalité, reflétait toutes mes craintes: Ne me laisse pas...
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Lun 9 Avr 2018 - 18:06



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Rae sembla s'agiter quelque peu, et je pensai qu'elle se réveillait, mais dans sa façon de se serrer un peu plus contre moi, je n'en étais pas sûre. Etait-elle en train de rêver ? Etait-elle en train de rêver de cette personne qu'elle avait pu aimer avant l'apocalypse et qu'elle souhaitait revoir plus que tout ? Mon estomac se serra à cette idée. Quel survivant ne voulait pas retourner à leur vie d'avant ? Quel survivant n'avait pas un foyer où retourner ? Des bras où se réfugier à nouveau, comme avant ? Que Rae aime son passé, qu'il lui manque son amour d'avant, c'était tout en son honneur, et je ne m'y opposais pas. Une partie de moi voulait simplement que ce moment partagé avec elle soit issu de nous, et non de fantômes du passé. Je n'avais personne à qui retourner. Même ma famille d'accueil ne devait plus se soucier de moi, si tant est qu'elle soit encore en vie. J'avais eu quelques conquêtes, un court amour de secondaire qui n'avait en réalité été que la confirmation de ma sexualité. Je n'avais rien d'important dans l'ancien monde. Je ne souhaitais pas y retourner. En fait, pour le moment, je ne considérais que ce moment précis où je me sentais bien, allongée dans ce lit, Rae installée contre moi.

En était-elle de même pour elle ? Dans tous les cas, elle semblait tout aussi confortable que moi. Des mots soufflèrent contre mes tympans et je me demandai si je les avais bien entendus ou si j'avais une nouvelle acouphène. Je mis quelques minutes à distinguer clairement ce que j'avais entendu, mais mon cerveau était encore en train de traiter cette nouvelle information. Ne me quitte pas. Rae venait-elle réellement de me dire ça, alors qu'elle se serrait un peu plus contre moi ? Etait-ce issu du rêve de son ancienne vie ou s'adressait-elle réellement à moi ?
- Si c'est ton passé que tu veux Rae je ne peux pas te le rendre. Il t'a déjà quitté, et je n'y peux rien, répndis-je calmement, la voix encore assez basse pour conserver la bulle agréable qui nous entourait toujours.
Le doute envahissait mon esprit et je n'étais pas sûre de ce que je voulais. Si c'est bien à moi qu'elle parlait, elle ne me voulait pas moi, mais l'idée qu'elle se faisait de moi, et dès qu'elle saurait la vérité à mon sujet elle partirait, car l'histoire qui m'avait forgée n'avait rien de rassurant. Et pourtant, je ne voulais pas qu'elle parte. Je ne la connaissais pas encore assez bien pour la comprendre vraiment, mais sa présence changeait complètement ma vision du monde. Plus d'obscurité. Plus de solitude, d'indifférence totale au milieu d'une foule de morts. Une souffrance apaisée. Je n'avais pas besoin de quelqu'un, j'avais besoin de Rae, car je ne me sentais pas de la même façon avec n'importe qui. C'était si évident, pourtant si compliqué. Je ne voulais pas me tromper sur Rae, car au fond, si nous nous séparions ce jour, je savais que le retour à la solitude s'avérerait compliqué.
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Sam 14 Avr 2018 - 20:45
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je n'aurais pas du prononcer ces mots et pourtant, ils me semblaient évidents, encore à demi-consciente, dans mon sommeil. Je ne voulais pas que Lorias s'en aille, je me sentais si bien avec elle et elle m'offrait une vision du monde nouvelle. Elle était exactement la personne dont j'avais besoin à cet instant-même de ma vie. Quelqu'un qui me donnait foi en l'avenir, qui taisait mon passé et me donnait envie de vivre mon présent comme je devais le faire.
La réponse de Lorias mit tellement de temps à tomber que je me demandais si je l'avais bien prononcé, ou si je l'avais rêvé. Il m'apparaissait des visions parfois si réelles que je les croyais vraies... Alors qu'au réveil, elles n'étaient qu'une envie irrévélée. Mes doigts se serraient contre elle, montrant mon désir de la garder près de moi, aussi longtemps qu'il le faudra. Mais ses mots... Mon coeur se serra. Etait-ce vrai ? Etais-je en train de penser à Aria ? Dans mes rêves, étais-je en train de penser que c'était elle que j'avais dans mes bras ? Pourrais-je avoir tant l'ennui d'elle ? Le doute se sema dans mon esprit, m'éveillant d'un coup brusque.

Aria, me manquais-tu plus que je ne l'imaginais ?
Evitant tout contact visuel avec Lorias, -j'étais bien trop gênée pour cela- je me levai. Je m'assis sur mon côté du lit, posant mes pieds tièdes sur le sol froid, ce qui fit parcourir un terrible frisson dans tout mon corps. J'enfouis mon visage entre mes mains, appuyant mes coudes sur mes cuisses. Un long soupire s'échappa d'entre mes lèvres. Les paroles de la belle brune avait été prononcées de manière douce, afin de ne pas briser notre petite bulle si agréable et débordant de perfection, mais je ne pouvais pas le vivre dans la même manière. Un doute trop grand s'infiltrait dans mon esprit. J'essayais de rechercher au plus profond de moi ce que je désirais réellement car, je me devais bien de l'avouer, tout me semblait encore flou. Même si Lorias avait su me redonner confiance, je ne pouvais pas passer du tout au tout. Elle me redonnait de la force, elle m'avait redonné confiance, mais je ne pouvais pas tout lancer derrière moi comme on lance un vulgaire caillou sans importance. Et si il y avait bien une chose dont j'étais certaine, c'était bien cela: en aucun cas je ne voulais utiliser Lorias pour substitut à quiconque.
-Non, désolé, je n'aurais pas dû te dire ça. Je ne veux pas plus t'impliquer dans tout cela. Je ne la regardais toujours pas. J'avais peur d'affronter son regard, peur d'affronter son jugement. Je ne voulais pas qu'elle me pense ainsi. Je ne voulais pas qu'elle croit que je voulais l'utiliser comme substitut. Je voulais simplement qu'elle croit que ce qui se tramait dans tout mon corps en ce moment était pour elle, uniquement elle, et personne d'autre. Mais je ne voulais pas l'étreindre de promesses. Je voyais Lorias comme une femme libre, une femme sans attache. Je ne voulais pas l'emprisonner au sein d'un clan, ou même auprès de moi. Je ne voulais pas lui imposer tout ça. Je me tournai légèrement, de sorte à lui être de profil. De toute manière... Ca n'était qu'une fois. Après, on ne se reverra plus, n'est-ce pas ? Mon regard se faisait plus brillant. Je ne voulais pas que l'on se sépare, mais peut-être en était-il autrement pour elle.


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Sam 14 Avr 2018 - 22:55



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Elle n'était pas sûre de ce qu'elle ressentait. Je m'en sentis presque vexée avant de me rappeler que moi non plus je ne savais pas ce que je voulais. Je n'avais aucun parallèle à faire avec le passé, mais je me demandais encore ce que je voulais faire ensuite. Nous avions vécu le présent, mais alors que Rae s'extirpait des draps, l'idée de futur me revint en pleine face. Il allait falloir se séparer. C'est ce que laissait penser le corps de Rae s'éloignant de moi. Elle était encore près, mais elle me paraissait loin. Nous ne nous connaissions pas, mais nous étions toutes deux marquées par ce que nous avions vécu depuis la veille. Car dans un monde comme celui-ci, on ne peut pas oublier les rencontres. Les vivants sont trop rares pour qu'on puisse les délaisser, les faire passer pour ce visage inconnu croisé un matin alors que nous buvions notre café sur le chemin du travail. Et si ça n'était que ça, ça serait plus simple. Je n'aurais aucun scrupule à quitter Rae maintenant, mais un visage comme le sien, un corps comme le sien, ça ne s'oublie pas.

Ce n'était qu'une fois. Après, on ne se reverra plus. J'entendis à peine son interrogation tant l'effroi fit vibrer ma peau. Le problème avec ce monde, c'est que si on décidait de s'arrêter à une fois et qu'on revenait plus tard sur notre décision, il était trop tard. Il n'y avait pas de peut-être, il fallait décider tout de suite. Il était trop tôt pour qu'on puisse savoir ce que l'on voulait vraiment. Il me semblait que Rae en souhaitait plus aussi, mais plus comment ? Encore un peu de temps dans les draps ? Encore quelques moments passés ensemble ? Une journée ? Une semaine ? Un petit voyage à deux sur l'autoroute de la mort. Et puis, ce serait fini. C'était impossible que ça s'arrête là. Si on se quittait maintenant, on ne se reverrait plus, mais si on partait ensemble maintenant, on ne se quitterait plus. C'est la sensation qu'elle me donnait. Ce terrible tout ou rien. La nuit dernière, j'avais tout eu de son corps, sauf peut-être son coeur. Et maintenant, elle me demandait de choisir si nous devions continuer ensemble. Tout continuer. Ou rien. Parce que pour nous, ici, il n'y avait pas d'entre-deux.
- Si c'est ce que tu veux.
Je ne pouvais pas décider. Je ne pouvais pas prendre cette responsabilité là. Il y avait le risque de se tromper, et celui d'être déçue. J'étais courageuse, jusqu'à ce point. Jusqu'à ce qu'on me demande ce que je voulais. Car finlement, personne ne me l'avait jamais demandé.
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Dim 15 Avr 2018 - 2:20
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je ne savais vraiment pas quoi faire, quoi dire. Alors qu'il y a quelques instants à peine tout semblait parfait, désormais je me sentais seule et froide. J'avais quitté la chaleur réconfortante de la brune et des draps pour me retrouver délaissée sur le côté du lit. Seuls quelques mots avaient réussi à me faire douter sur une nuit toute entière, et même plus. J'avais passé des heures hors du temps en sa compagnie et en cet instant, je me retrouvais face à la terrible réalité. Si je restais plus longtemps avec elle, j'allais m'y attacher et je ne serais plus capable de la lâcher. La nuit passée ensemble avait quelque chose d'idyllique. J'en aurais aimé des dizaines d'autres. Mais je ne me voyais pas le lui demander. Pas si vite. Je n'en avais pas le courage et je ne savais pas ce qu'elle pensait réellement. Je ne voulais pas me faire de mal en recevant une réponse négative, et je ne voulais pas la blesser en lui proposant quelque chose trop rapidement. Néanmoins, d'un côté, il fallait choisir entre aujourd'hui ou jamais. Le monde était si vaste, si dangereux... Les probabilités pour que nos routes se recroisent étaient si faibles. Elles étaient même inexistantes... Et cette simple pensée suffisait à me terroriser.

Et ses mots ne firent qu'accroître ce sentiment. Si c'était ce que je voulais ? Non, justement, je ne le voulais pas ! Ce que je voulais, c'était m'enfuir dans ses bras, retrouver sa chaleur rassurante et passer encore des heures ensemble. Mais ses paroles me glacèrent. Je ne pouvais pas faire cela. Et après tout, qu'est-ce qu'elle voulait, elle ? C'était tout simplement cela que je devais lui demander, plutôt que de me remettre en cause encore et encore. Moi, je savais ce que je voulais, mais je n'osais pas lui avouer. Je ne voulais pas lui donner l'impression d'être pressée, le sentiment de substitut, ou quoi que ce soit d'autre. Je croyais le savoir enfin, ce que je voulais, avec une certaine certitude: je ne voulais pas que ces heures se comptent sur les doigts d'une main. Je voulais qu'elles défilent, qu'on en oublie certaines, que d'autres soient marquées dans ma mémoire à jamais. Je voulais Lorias. Aria faisait partie entièrement de mon passé. Elle n'avait plus rien affaire avec aujourd'hui. Il me faudrait encore quelques temps avant de ne plus appréhender l'instant présent mais j'étais sûre qu'avec Lorias, tout irait mieux. Tout irait plus simplement.
-Et qu'est-ce que tu veux, toi ? Enfin, j'osai lever mon regard azur vers ses perles aux reflets d'argent et d'émeraude. Mes pupilles scintillaient d'une émotion incertaine, peut-être était-ce de la peur. La peur de se retrouver abandonnée par les êtres proches encore une fois. Mes doigts se resserrèrent sur les draps blanc immaculé, attendant sa réponses non sans impatience. J'espérais qu'elle me dise la vérité. Non pas qu'elle évase la question, la contourne, ou l'ignore. Je voulais connaître le vrai fond de sa pensée.

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Dim 15 Avr 2018 - 21:55



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Elle me le demandait tout de même. Ce que je voulais. Je ne le savais pas moi-même. Une partie de moi voulait rester aux côtés de Rae, mais il y avait aussi en moi cette autre partie, la partie qui n'avait jamais été appréciée, qui avait toujours été rejetée. Quand Rae rencontrera cette partie de moi, elle s'éloignera. Et ce sera bien plus difficile de surmonter la survie seule à ce moment-là. Je m'attachais vite aux gens, et c'est seulement grâce à Emily que j'avais pu survivre l'enfance et l'adolescence. Je pardonnais toujours, même à mon père, même à mon oncle. Je serais restée avec eux sans Emily, j'en serais sûrement morte. J'étais naïve à ce point. Alors, devais-je me montrer naïve et suivre Rae, reprendre la survie avec elle ? Ou devais-je écouter ce qu'il me restait d'Emily et fuir ? Emily était violente, stricte, cynique. Je ne voulais pas laisser Rae la rencontrer un jour. Mais Emily était moi. Toute la colère, la haine que j'avais envers ceux qui m'ont trompés, usés, tous ceux qui ont abusés de mon innocence et de mon altruisme. Elle était ma force, ma violence, et n'avait pas de limites, encore moins après autant de temps passé à tuer. Tuer des vivants, des morts, ça n'avait plus de sens. Mais ce que j'avais dû faire pour survivre, je me devais de l'assumer. La perte de contrôle en revanche, je ne pouvais l'assumer en face de Rae. Je ne pouvais pas la laisser voir ce monstre en moi.

Pouvais-je partir ? En avais-je au moins la force ? Le courage ? Pour l'instant, Emily était très loin de moi. Je ne voyais que les courbes de Rae et son regard inquisiteur. Je devais me décider vite. Elle réclamait et méritait une réponse. A sa façon d'être là, au bord du lit, j'avais l'impression que je lui briserais le coeur si je lui annonçais qu'il était temps pour nous de nous séparer. On avait déjà beaucoup partagé en un jour, nous avions retrouvé des choses qui nous manquaient à toutes les deux : la chaleur, le confort, la sécurité. Ce dont je mourais d'envie. Je n'étais pas sûre d'en avoir le droit. Serait-ce égoïste de déclarer vouloir d'elle ? Ou au contraire, serait-ce égoïste de dire le contraire alors qu'elle semblait vouloir que nous continuions un peu ensemble ?
- Je veux ce que nous avons là, déclarai-je simplement comme si c'était évident.
Nous avions passé un bon moment, il serait idiot de ne pas vouloir que ça continue. Voilà ma façon d'éviter de dire que je la voulais elle, car en théorie je ne la connaissais pas encore assez pour ça.
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Dim 15 Avr 2018 - 22:37
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Mon corps était froid. J'avais quitté la chaleur rassurante des bras de Lorias, la douceur des draps. Mon moi tout entier était passé d'un moment de plénitude à une inquiétude grandissante. Je ne savais pas si je pouvais avoir assez confiance en la brune pour qu'elle ne me laisse pas tomber. Pour ne pas qu'elle ne fuie. Je ne savais pas si elle le voulait vraiment, d'être avec moi. Peut-être avait-elle peur elle aussi ? Etait-elle effrayée de la même chose dont moi je l'étais ? Mon coeur me poussait à me réfugier à nouveau contre elle et de ne plus jamais m'en séparer. Mon coeur avait compris que cette jeune femme pouvait faire beaucoup pour moi. Mon coeur avait compris que c'était elle dont j'avais besoin et personne d'autre. Même si mon esprit se refusait de penser ainsi après si peu de temps passé ensemble. Mais ces heures écoulées évoquaient déjà beaucoup et j'étais certaine qu'à l'avenir tout se passerait bien.

Je veux ce que nous avons là. Ces mots résonnèrent dans ma tête et je me sentis soudainement plus légère. Lorias avait le don de rendre les choses plus simples. Elle réglait tous les problèmes du monde en quelques syllabes. Encore une fois, je m'étais inquiétée en me préoccupant de l'avenir, en comparant ce dernier au passé, à l'affut d'une récidive. Mais là, Lorias... Encore une fois sa simplicité de voir les choses me faisait un bien fou. Tout comme moi, elle voulait l'instant présent. Et par là, elle entendait que ce présent se prolonge dans le temps.
Un sourire détendu, béat, heureux, prit place sur mon visage et je me laissai guider par les pulsions de mon coeur. Je ne le comprenais pas vraiment, mais c'était ce dont j'avais le plus besoin en ce moment. Alors je repris place dans le lit, aux côtés de cette belle brune mystérieuse qui ne me laisserait plus jamais indifférente. Je m'allongeai contre son corps, enfouis mon visage dans son cou parsemé de sa chevelure d'ébène, afin d'humer son parfum.
-Moi aussi, Lorias.
Je ne voulais pas partir et affronter le terrible monde extérieur. Cependant, là encore, il s'agirait de l'avenir. Mais Lorias avec moi, je me sentirais beaucoup mieux. Je me sentais beaucoup plus confiante, beaucoup plus heureuse. Il faudrait que je vienne à lui parler des Lignums. Je ne pouvais pas les quitter et partir avec elle, car ils avaient besoin de moi. Si elle voulait me suivre, afin de poursuivre "ce que nous avions là" elle n'aurait pas d'autre choix que de les rejoindre. J'étais certaine qu'elle y trouverait sa place, après tout nous étions une communauté accueillante et bienveillante. Mais encore faudrait-il qu'elle accepte. Je ne voulais pas précipiter les choses. Je décidai de parler de cela plus tard. Chaque chose en son temps. Je vidai ma tête de toute pensée négative comme positive et me contentai de cueillir cet instant de quiétude comme la plus belle fleur d'un champ.

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Lun 16 Avr 2018 - 1:16



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« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Moi aussi, Lorias. C'est avec ces mots que je comprenais ce que je voulais. Encore une fois, je ne voulais que l'instant présent. Le corps de Rae se collant au mien pour le réchauffer. C'était la réponse. Quand on pouvait avoir ça, on ne pouvait pas refuser. Toutes les autres questions disparurent tandis que son nez caressait mon cou. Comment réfléchir au futur quand on était si bien dans le présent ? Mon coeur roula dans ma poitrine, m'ôtant toute discrétion. J'étais sûre qu'on pouvait l'entendre à des kilomètres à la ronde. J'étais là, j'étais bien, cela suffisait. On avisera plus tard. C'était comme ça que je pensais dès que Rae faisait un pas vers moi. Elle voulait mes bras, elle y était retournée d'elle-même. Cela m'arracha un sourire, et plus je pensais à la situation et à comment nous en étions arrivées là, plus ça me faisait sourire grand, jusqu'à m'arracher un rire, un rire qui grandit et explosa, faisait trembler ma poitrine puis mon corps tout entier. Mon estomac se tordit sous ce rire et mes yeux se fermèrent, laissant mes autres sens profiter plus intensément du contact de mon corps avec celui de Rae. On s'était croisées sur l'autoroute, on avait fouillé et fui une station service, on s'était réfugiées ici et tout ce qu'on avait trouvé de mieux à faire, c'était de se faire plaisir sous la douche. On avait à peine mangé, à peine bu, on avait à peine discuté... on avait trouvé une belle fille consentante, attraction mutuelle, et on en avait profité pour se délester de toute la pression que la survie nous avait balancée.

Eh bah, au moins, si je décidais de rester avec elle encore longtemps, je savais que j'avais tout à gagner au lit, parce qu'elle était vraiment douée. Non pas que je sois difficile, mais quand c'est la fin du monde et que vous tombez sur la fille parfaite qui s'en sort dans tous les domaines incluant les moins catholiques, soit vous délirez, soit vous êtes dans le coma, soit vous avez vraiment beaucoup de chance.
Mon rire se calma peu à peu et j'enroulai doucement mes bras autour de Rae pour la serrer un peu plus contre moi, un sourire béat collé au visage. Toutes mes peurs s'évanouissaient pour un petit moment. Un peu de délivrance dans cette prison morbide qu'était devenu notre monde.
Je ramenai un peu plus Rae à moi, la serrai contre moi, mes bras comme une carapace protectrice, et roulai sur le côté pour renverser Rae. Mon buste sur le sien, mon sourire idiot se teinta de malice.
- On peut aller prendre un petit-déjeuner à base de légumes en conserves ou on peut rester ici encore un peu... proposai-je, me mordant la lèvre en dévorant du regard la moue matinale de Rae.
Les monstres pouvaient nous poursuivre là-dehors, mais ici ils ne pouvaient rien contre nous. On pouvait faire tout ce qu'on voulait, même les activités les moins propices à la situation actuelle du monde.
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Lun 16 Avr 2018 - 18:45
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Lorsqu'un rire cristallin remonta à mes oreilles, je n'étais pas certaine de comprendre. Y avait-il vraiment quelques choses de drôle dans ce qu'il venait de se dérouler ? Peut-être... Car nous nous montrions réticentes toutes les deux dès qu'il s'agissait d'avenir, alors que nous n'avions qu'une seule envie et c'était de rester dans les bras de l'autre. Nous n'osions pas nous avouer ce qui nous torturait au fond de nous, alors que c'était ce dont nous avions besoin. Heureusement, nos corps s'avaient s'entendre et parvenaient à montrer ce que nos mots ne pouvaient faire. Curieuse, étonnée, je me redressai sur un coude pour observer la belle brune qui continuait de rire. Ca ne faisait pas longtemps que je connaissais Lorias, certes. Néanmoins, j'étais certaine que les fois où elle riait de la sorte étaient plus que rares. Et la voir ainsi si heureuse, s'esclaffer pareillement pour une raison que j'ignorais, ça me faisait un bien fou. Elle était encore plus belle ainsi. Même si je n'étais pas certaine de comprendre réellement l'enjeu de la situation, je laissai un sourire craquant apparaître sur mes lèvres. Car je craquais pour elle, c'était évident, ça se voyait comme le nez au milieu du visage.

Alors que ses bras m'entourèrent et que ses émotions se calmèrent, je retournai me serrer contre elle dans son cou. J'apercevais un sourire sur son visage et je n'en pouvais plus, j'avais envie de l'embrasser afin qu'elle me transmette tout son bonheur en un seul contact. C'est à cette pensée qu'elle m'enveloppa et me fit basculer en prenant les dessus et son air malicieux ne fut pas sans me rappeler celui qu'elle avait affiché la veille...  Sa proposition relevait de l'évidence, entre un vieux petit-dej miteux et traîner au lit avec la plus belle femme qu'il m'ait été donné de rencontrer depuis longtemps, le choix était vite fait. Il devait en être de même pour Lorias, vu la mine d'affamée qu'elle m'offrait. C'était bien vrai, nous n'avions quasiment rien mangé. Mais je n'avais pas fait de légumes, ni de n'importe quelle autre nourriture en boîte...
Je passai mes mains derrière sa nuque, la caressant doucement en la dévorant du regard. Ses longues mèches brunes tombaient en cascade des deux côtés de mon visage, encadrant ainsi le sien qui était décoré de deux perles émeraudes scintillant sous l'éclat du soleil naissant. J'avais l'impression d'être revenue à une autre époque, une époque révolue. L'époque où ils n'existaient pas, où l'on pouvait sortir sans crainte, traîner au lit autant qu'on le voulait. Dans cette cabane au bord de l'étang, le ciel était découvert et l'astre solaire baignait la chambre à coucher d'une délicieuse lumière, cette luminosité qui nous invite à se lever lors des matinées de printemps. Je voulais profiter de cet instant.
-Hoo... fis-je en prenant une mine ronchonne. Restons encore un peu... Puis je laissai un léger sourire se dessiner sur mes lèvres et mes mains amenèrent doucement la tête de Lorias à la mienne. Je l'embrassai précautionneusement, sans rien presser car je comprenais à cet instant que nous étions bien loin d'être pressées... Le petit-déjeuner attendrait encore un peu.

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Jeu 19 Avr 2018 - 21:53



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Il y avait eu des matinées plus calmes que celle-ci. Il y avait eu de longues matinées d'ennui à attendre que les alentours se dégagent de la horde de monstres qui les traversaient. Il y avait des matinées où le courage s'était absenté et les heures se faisaient longues à attendre qu'il revienne pour pouvoir repartir et continuer à survivre. Il y avait des matinées de marche interminables où le paysage n'offrait aucun espoir et un arrêt aussi court soit-il s'avérerait le dernier, celui de l'abandon, celui de la mort. Ces matinées m'avaient donnée une nouvelle définition du mot calme. Le calme m'était devenu douloureux, mortel. Jusqu'à maintenant. La paix semblait être revenue dans la définition de ce mot. A l'absence de mouvements externes à notre cocon s'était ajouté l'absence de tumulte, l'absence de douleur. Le calme était aussi intérieur qu'extérieur. Je ne ressentais étonnamment plus aucun autre besoin que de rester chaudement contre Rae, car j'avais la crainte désagréable que tout ceci disparaisse une fois le pas de la porté passé. Je ne pensais plus rêver ou halluciner, du moins c'est ce que je me disais lorsqu'elle m'embrassait - je n'aurais pu imaginer un tel baiser - mais la réalité était plus fragile encore que le rêve et cela me poussait à rester méfiante sur les dangers du monde extérieur. Je ne voulais pas que la réalité vienne gâcher le peu que nous avions Rae et moi.

Rae avait sûrement cette crainte elle aussi. Qui ne l'aurait pas ? Dans la façon dont elle m'embrassait, je sentais le sens unique de ce moment. Si on avait de la chance et assez de courage, on aurait de nombreux autres moments similaires à celui-ci, mais jamais le même. Jamais ce moment dans le chalet au bord de l'étang, un matin d'incertitude et de tendresse paisible alors que tout autour de nous le monde se désintégrait petit à petit. Nous n'aurious plus jamais ce moment-là où nous nous connaissions tout en étant des étrangères et où nos lèvres pressées l'une contre l'autre commençaient tout juste à laisser en nous un sentiment de familiarité. Tout en ce moment était unique et c'est pour profiter de cela que je voulais vivre dans le présent, tout en gardant dans un coin de mon esprit l'envie d'avoir des milliers d'autres instants comme celui-ci, des moments similaires mais différents, tous uniques en eux-mêmes et qui me donneraient chacun un sentiment et des émotions différents. C'était ça la vie après tout, une succession de moments uniques et non le recommencement en boucle d'un même événement. Les moments passés avec Rae et non ce cycle vicieux de l'attente de quelque chose qui ne viendrait jamais, l'attente de la fin de la marche interminable sans but ni réel intérêt.
La fin de la marche, en fin de compte, c'était ma rencontre avec Rae sur l'autoroute. Et alors que mes lèvres se promenaient sur le corps parfaitement dessiné de Rae pour le redécouvrir, je me rendis compte que je ne voulais plus jamais marcher.
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aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Mes lèvres retrouvant le chemin des siennes me firent l'effet d'un choc électrique. Un agréable frisson parcourant mon corps tout entier, remontant jusque dans le bout de mes doigts qui, enfouis dans sa chevelure brune, frémirent. Je dégustais ce moment d'exception comme on aurait dégusté notre repas favori. Les secondes paraissaient ralentir, afin de marquer à l'indélébile toutes ces sensations, tout ce bonheur, à jamais dans ma mémoire. Je ne voulais pas les oublier, comme l'aurais-je pu ? Ils étaient mes premiers instants de plénitude totale depuis bien des années. La chaleur de Lorias m'englobait dans notre bulle, cette bulle qui nous faisait comprendre à quel point le présent était important. Ces instants étaient les premiers depuis l'Après où je ne songeais ni au passé, ni à l'avenir. Désormais, je voulais penser toujours ainsi, je ne voulais plus me soucier. Je voulais simplement tenir sa main, entremêler mes doigts entre les siens, l'emmener loin, sentir son odeur réconfortante et posséder les plus beaux bijoux du monde, ceux que l'on trouvait dans ses yeux. Ainsi, heureuse, contre ses lèvres je souris. Je n'avais plus peur qu'ils arrivent, ni qu'il arrive quelque chose à mon clan, ni qu'on nous découvre ici dans cette cabane au bord de l'étang. J'étais devenue une enfant insouciante depuis la veille et je comptais bien le rester encore un petit peu...

Lorias quitta mes lèvres, parcourant mon corps qui se remettait à bouillir de l'intérieur. Je voulais profiter de tout cela avant qu'il ne soit trop tard, avant de regretter. Je voulais profiter de cette relation si spéciale, celle où nous connaissions plus le corps de l'autre plutôt que son caractère. Je voulais profiter de cette alchimie si étrange qui nous avait réunie sous ce toit, celle qui nous faisait vibrer, celle qui faisait pulser le sang toujours plus rapidement dans mes veines.
A travers nos battements de coeur effrénés, nos souffles saccadés, nos regards croisés, nos caresses assurées, je me laissais guider, porter. Je n'avais plus conscience du temps qui s'écoulait. J'étais là, tout simplement. J'offrais de mon temps et du désir à une femme magnifique qui me rendait la pareille. Mon esprit s'était envolé vers un monde où plus rien ne m'importait plus que son plaisir. Quand nos lèvres se retrouvaient, ça n'était que pour un nouveau baiser rempli de ferveur.
J'étais bien, détendue, et me retrouvai au-dessus de Lorias. Mes coudes étaient posés de chaque côté de sa tête et je la regardais. En même temps, je tentais de me mordre la lèvre pour retenir ce sourire qui menaçait de dévorer mon visage. Je ne pouvais pas rêver mieux que tout cela. Peu à peu, je m'en rendais réellement compte. C'était pour cette raison que ce sentiment se faisait si présent sur mon visage. Les cheveux en bataille, je l'observais d'un regard tendre et je déposai un bref baiser sur ses lèvres rosées.

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Mar 24 Avr 2018 - 1:30



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
C'était d'une facilité attrayante, comme si nous nous étions déjà connues avant, dans un autre monde peut-être plus cruel encore, et que nous fêtions nos retrouvailles lentement mais non moins attentionnées. Finalement, nous avions toutes les deux besoin d'une personne de qui être proche sans honte ni regrets. Exposer mon corps marqué aux yeux de Rae avait été plus simple que je ne l'aurais imaginé à la rencontre d'une inconnue. Elle me vola un énième baiser et cela me sembla plus normal que jamais, comme si ce geste était déjà marqué par l'habitude. Les traits de Rae ne m'étaient plus inconnus, même le grain de beauté au-dessus de sa lèvre supérieure ne me paraissait plus étranger. Je me retrouvais dépourvue par cette femme qui m'était tombée dessus comme un miracle. Je n'étais pas croyante, je n'avais jamais cru aux miracles ni au destin. Pourtant, ma rencontre avec Rae avait été plus que fortunée. Parmi tous les morts, tous les vivants fourbes, j'étais tombée sur elle. Je ne savais pas quel mot autre que la chance je pouvais mettre sur cette rencontre.

Il avait fallu que mon chemin se corse et que mon instinct de survie m'amène à attaquer cette survivante. Un tourbillon d'événements avait mené à cet instant dans la petite chambre, cet instant où Rae me contemplait avec curiosité et envie. J'avais cette envie de l'attirer à moi à nouveau et de la garder, peau contre peau, puis laisser le temps passer sans ne rien faire d'autre que d'écouter la respiration de Rae, sentir son souffle apaisé contre ma peau, écouter les battements de son coeur. Laisser le monde tourner autour d'elle, car il était plus beau ainsi.
Mais ça n'était pas possible, évidemment. Il fallait bouger. Survivre. On n'avait pas le choix. On n'avait pas passé autant de temps à survivre dans la misère pour abandonner maintenant qu'une chance de bien-être se présentait. Je glissai une main sur la joue de Rae, la laissant filer dans ses cheveux. La toucher me permettait de m'assurer qu'elle était réelle et que je ne devenais pas folle.
- Le soleil est déjà bien levé, tu veux aller déjeuner sur la terrasse ? proposai-je.
Je n'avais pas particulièrement envie de manger, bien que mon estomac réclamait de la nourriture après tant d'énergie dépensée, mais l'idée d'un petit-déjeuner aux côtés de Rae avec l'étang à l'horizon me plaisait bien.
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Mar 24 Avr 2018 - 21:57
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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je l'observais et la caressais d'une douceur telle que j'avais l'impression de détenir entre mes mains la plus belle des choses de ce monde. La plus colorée de toutes les fleurs d'un champ, la plus scintillantes de toutes les pierres précieuses, l'étoile la plus brillante d'un ciel tout entier. Parfois, je sentais sous mes doigts de légères déformations, s'agissant là des cicatrices qui couvraient son corps. A la plus belle de ces fleurs, il manquait une pétale. A la plus belle de ces pierres, il y avait une égratignure. L'éclat le plus scintillant de l'étoile ternissait. Ces marques faisaient de Lorias une personne à part, unique, quelqu'un de vivant. Quelqu'un qui avait cru en la vie, même dans les moments les plus sombres. Elle avait toujours fini par se relever, sans vraiment savoir pourquoi. Moi, je le savais: parce qu'elle portait en elle une force qu'elle ne devait même pas soupçonner...

Sa caresse agréable aboutissant dans mes mèches blondes me tira de mes songes. Et sa proposition faisait naître sur mon visage un léger sourire. Tout dans ce que nous faisions, disions, me donnait l'impression d'être retournée des années en arrière, loin de la menace zombie, à l'époque où elle demeurait à l'état de fiction. Prendre un petit déjeuner dans l'air frais du matin... Depuis quand n'avais-je plus fait cela ? Ce petit bonheur de la vie si simple... Et devenu si improbable de nos jours.
J'acquiesçai. Comment refuser ? Allons voir ce qui se cache dans les placards, fis-je en souriant. Je demeurai un instant, immobile, l'observant jusqu'à la dernière seconde. Je ne voulais pas perdre une miette de ces heures hors du temps, hors de la réalité de notre monde. Je finis par me lever. Je retrouvai dans la salle de bain ma culotte de la veille ainsi que le t-shirt que je portais. Je les enfilai rapidement et laissai le reste de mes vêtements là où ils étaient. Je comptais profiter encore un peu de cette matinée et rester à l'aise sans m'enfermer dans des vêtements étouffants.
Osant un coup d'oeil discret à Lorias, je m'éclipsai hors de la chambre, arrivant dans le salon. Les nuages s'étaient levés, découvrant le ciel, offrant un soleil presque rayonnant. J'ouvris la fenêtre de la cuisine et m'y penchai. L'air frais s'engouffra dans mes poumons, caressa mon visage. Tout avait l'air d'un matin normal... Jusqu'à ce que j'ouvre les placards et que je n'y découvre pas de pain, ni de beurre, de confiture ou encore de nutella. Il y avait juste quelques boîtes de conserves. Tour à tour, je les pris entre mes mains, lisant les étiquettes. Petits pois, carottes, pois chiches, sauce tomate et même d'ananas. Bon. Je sortis les légumes et la tomate, les fis revenir dans une casserole. On aurait même droit à un fruit pour le désert, n'était-ce pas de la chance que nous avions-là ?

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Jeu 26 Avr 2018 - 21:45



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« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Il ne s'agissait pas d'un petit-déjeuner exceptionnel. Du moins pas dans la consistance de ce que nous mangions. En quelque sorte, il était exceptionnel car nous ne mangions pas ce que nous avions toujours eu l'habitude de manger au petit-déjeuner, mais il n'était pas exceptionnel car, il fallait l'admettre, manger des légumes en conserves de si bon matin ne faisait plaisir à personne. Cependant, mon estomac s'en contentait gaiement. La chaleur qui s'était répandue dans mon ventre à la première bouchée ingurgitée en tenait preuve : j'avais terriblement faim, et les légumes avaient tout de même bon goût. C'était déjà ça. La scène en elle-même était exceptionnelle. Assise sur les marches en bois qui ramenaient à la terre, Rae faiblement vêtue à côté de moi, les premiers rayons de soleil illuminant la surface de l'étang qui se dessinaient entre les hauts arbres dont le feuillage perdait de ses vives couleurs. C'était une époque de l'année encore douce, mais la brise froide incisant ma peau me laissait présager l'arrivée de l'hiver. J'étais convaincue qu'il arriverait plus tôt cette année. Et étrangement, avoir Rae à côté de moi un matin aussi calme que celui-ci, je ne me voyais pas passer l'hiver seule. Mais comment le dire sans paraître hâtive ? Je ne voulais pas l'effrayer en affirmant vouloir continuer mon chemin avec elle encore un long moment, car au fond, je n'avais pas encore décidé, ma raison pesait encore le pour et le contre tandis que mes sentiments voulaient abandonner la méfiance au gré du réconfort.

Il ne faisait pas froid à en trembler, mais la température n'était pas assez élevée à mon goût pour porter le short masculin que j'avais trouvé dans un placard. Tout comme Rae, je n'avais pas souhaité enfiler mes vêtements de guerre tout de suite. La longue marche d'hier en jean m'était encore trop douloureuse. D'ailleurs, je devais sûrement avoir encore les marques du pantalon serré à la taille.
Je déposai l'assiette à côté de moi, à l'opposé de Rae, et pris une longue gorgée de la bouteille d'eau que j'avais choisi en guise de boisson matinale. Le café n'allait pas de paire avec les petits pois.
- Cela me suffit, comme ça, exprimai-je. Je n'ai pas besoin d'autre but. Réussir à vivre dans un monde comme celui-ci en est déjà un.
C'était ma façon de lui dire que je ne voulais pas quitter le chalet sans elle. Et en voyant un peu plus loin, elle comprendrait peut-être que je ne voulais pas me retrouver seule à nouveau. Je m'en sortais bien, depuis qu'Emily m'avait quittée, mais parfois, la solitude était si forte que je souhaitais son retour sans savoir comment la faire revenir. Au moins, avec Rae, c'était plus simple. Elle était aussi réelle que moi, elle était concrète, et nous nous entendions bien, comme si nos esprits se complétaient. L'épidémie m'avait habituée à une solitude que je n'avais jamais connue, car même dans la solitude je n'avais jamais été vraiment seule, j'avais grandi avec Emily. J'avais pu me redécouvrir grâce à cette solitude, mais cela ne m'avait pas donné une belle image de moi-même. A présent, je me redécouvrais dans le regard de Rae, et, je supposai, elle se redécouvrait aussi dans le mien. Et en pensant à cela, je trouvai l'idée de nous quitter absurde. Pourquoi ? Nous n'avions rien d'autre de plus important à faire que de survivre. Alors, que nous le fassions ensemble ou séparément, cela n'importait pas, non ?
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Jeu 26 Avr 2018 - 22:17
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« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Tout était tranquille. J'avais l'impression que quand Lorias était à mes côtés, tout était plus paisible. Sauf quand nous avions été attaquées par des zombies la veille. D'ailleurs, j'aurais dû me montrer plus prudente. Sortir si peu vêtue n'était pas une attitude responsable, si l'un de ces monstres nous repérait, de quoi aurais-je l'air à me battre ainsi ? A vrai dire, j'étais bien loin de penser à tout ça.
J'avalais cette mixture, qui n'était de loin pas de la gastronomie mais au moins ça saurait nous rendre des forces, sans grande envie. Je laissais mon regard se perdre dans la forêt qui se mouvait doucement sous la caresse de la brise. Ses couleurs commençaient déjà à se ternir, mais les rayons du soleil matinal savait leur redonner des teintes plus chaleureuses. La température était douce, l'air qui rencontrait mes jambes nues m'arrachait parfois quelques frissons. Mais j'étais bien, je me sentais à l'aise, détendue. C'était un moment agréable et j'avais la chance de le partager avec Lorias. Je l'observais parfois. Assises côte à côte sur les escaliers du chalet, je nous trouvais sereines. Et belles. Surtout elle. Etait-ce l'air frais ou son charme qui me faisait frissonner en réalité ?

D'abord, je ne compris pas où elle voulait en venir avec sa déclaration. Je l'observais, sans comprendre. Je terminai rapidement mon assiette, la posant sur le perron dans notre dos. Et alors je compris, que cet instant, que le fait d'être avec moi, c'était ça qui lui suffisait. Un sentiment de satisfaction me conquit, et je dus lutter pour ne pas laisser paraître trop de joie sur mon visage. C'était ce que j'attendais: que l'une de nous ait assez de courage pour mettre des mots sur ce que nous désirions toutes les deux. Nous avions su le dire avec des gestes, des baisers, mais de vive voix, c'était toujours plus compliqué...
-Alors, unissons-nous dans un but commun. Le but de survivre ensemble. J'en avais assez de passer mes journées seules. Même chez les Lignums: je rentrais chez moi, le soir, et je me retrouvais face à la solitude. Je me retrouvais face à mon passé qui cherchait à me rattraper. Puis, lorsque j'éteignais la lumière, c'était les ombres qui conquéraient la pièce et parfois étaient-elles accompagnés de cauchemars. Avec Lorias, pas de solitude, pas de passé, encore moins d'ombres ni de cauchemars. Tout était clair et aussi sain que de l'eau de roche.

Ma main chercha la sienne, qui était posée sur une marche d'escaliers. Je posai doucement ma paume sur le dos de la sienne. J'étais convaincue que tout irait mieux avec elle. Que la vie serait plus facile. Je devais lui parler des Lignums, je ne pouvais pas lui cacher cela plus longtemps. Peut-être voulait-elle rester avec moi, mais peut-être qu'elle n'avait aucune envie de rejoindre un clan. Tu sais, je... Alors que je balbutiais ces mots hésitants, des craquements proches et anormaux attirèrent mon attention dans la forêt. Je ne bougeais plus. Je me retrouvai telle une statue de pierre, osant à peine respirer. Et ce que j'avais presque oublié se produisit: à une dizaine de mètres surgit de l'orée de la forêt un couple de zombies. Mon coeur s'emballa. S'ils nous remarquaient ou si le vent tournait en notre défaveur... Non, je ne voulais pas y penser.
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Elle avait compris ce que je voulais dire, et cela m'arrangeait bien, car je n'avais pas d'autres mots pour l'exprimer. Il était clair aussi qu'elle souhaitait aussi que nous continuions notre chemin ensemble, et cela, en quelque sorte, me rassura. Je ne serai plus seule. J'aurai quelqu'un de bien réel à mes côtés. Non pas qu'Emily ne m'était pas réelle, mais parler à quelqu'un dans votre tête paraissait étrange d'un point de vue extérieur. Et puis, Emily, ça n'était que moi finalement. Rae était une personne à part entière, plus unique que toute autre. Et il me sembla qu'elle avait une solution pour nous deux, un chemin à prendre pour vivre. J'étais prête à l'écouter. Mais ça n'était pas le cas du reste du monde, puisque des grognements se firent entendre et deux silhouettes difformes surgirent d'entre les arbres. Aussitôt, je me levai et attrapai Rae par la taille pour la relever aussi vite et la pousser à l'intérieur du chalet. Elle me trouverait peut-être brutale, mais il était hors de question que je laisse ces choses l'approcher. Rae savait se défendre, j'en avais conscience, je l'avais vu la veille, elle m'avait même sauvée. Mais je ne pouvais m'en empêcher. Je voulais la protéger. Je ne pouvais pas la perdre et me retrouver seule à nouveau. Encore moins sans avoir eu la chance de la connaître un peu mieux.

J'attrapai nos pantalons et lançai le sien à Rae avant d'ôter mon short en toute hâte pour enfiler le plus long habit. Une fois vêtue plus dignement, j'allai attraper la dague et ressortis du chalet pour aller affronter les deux cadavres à l'extérieur qui s'étaient déjà approchés jusqu'au bas des marches. Je savais d'ores et déjà que la probabilité que Rae vienne m'aider était forte, mais j'étais parée à les affronter seule s'il le fallait. Il n'y avait aucun étalage pour me faire chuter cette fois-ci. Seul le bois, la terre et les troncs d'arbres faisaient office d'arène de combat. Je m'étais toujours sentie proche des bois et de la forêt. Enfant, j'allais parfois me réfugier dans le petit bois de la ville avant de rentrer à la maison. Mon père s'énervait après moi quand je ne rentrais pas directement après l'école, mais au fond, je savais bien que sa colère n'avait rien à voir avec le fait de rentrer tard. Il était toujours énervé quand je rentrais. Au fond, j'avais toujours su qu'il voulait que je ne rentre pas. Moi-même, chaque jour, en partant seule à l'école, j'espérais ne pas avoir à rentrer.
Alors, même avec deux monstres pour ternir ma journée passée avec Rae dans le petit bois au bord de l'étang, je me trouvai encore heureuse. Les cadavres ambulants n'étaient que des monstres de bas niveau comparés à mon père. Je n'avais jamais peur de les affronter.
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« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je me retrouvai propulsée hors de mon petit nuage, si bien que j'en devenais décontenancée. Depuis la veille, depuis que nous avions trouvé ce petit havre de paix, je m'étais faite à l'idée que plus rien ne pourrait jamais nous arriver. Que juste en une nuit, toute la menace zombie avait disparu et que nous pourrions vivre notre petit quotidien tranquillement, à deux. Je pensais que tout irait mieux, que nous n'aurions plus jamais à nous soucier de savoir si l'une d'entre nous avait été attaquée, tuée, voire même transformée. Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale faisant apparaître une chaire de poule sur mes jambes nues. Je ne bougeais plus. Même mon souffle était en suspens. J'avais osé pensé que tout était revenu à la normale...

Sans Lorias, je serais restée sur les marches du perron, immobile, jusqu'à ce qu'ils viennent me dévorer. Elle m'attrapa par les hanches et me poussa d'une certaine force à l'intérieur du chalet. Je m'étais reconnectée à la réalité et je prenais enfin compte du danger. Il fallait espérer qu'ils ne soient que deux. Il fallait espérer qu'ils n'avaient pas flairé notre odeur, malgré les murs du chalet... Nous étions restées là trop longtemps. J'avais peur que le destin nous fasse payer cette erreur.
J'attrapai le pantalon que la brune me lançait et l'enfilai à la vitesse de l'éclair. En un instant, Lorias avait déjà disparue, s'armant de son couteau et s'échappant de la maisonnette. Je ne pouvais pas reprendre mon pistolet, si d'autres étaient dans le coin, j'allais rameuter toute une horde. Le coeur au bord des lèvres, je courus à la cuisine. J'ouvris tous les tiroirs un à un, à la recherche d'une lame. Je finis par trouver le bon rangement, choisis le plus gros couteau qui était à ma disposition et filai à l'extérieur. Lorias était prête à combattre les deux intrus qui s'était rapprochés bien trop vite de la cabane. Je me postai à ses côtés, lui adressant un regard.

Puis je fis un pas, un second, et j'envoyai mon pied dans l'estomac du monstre qui trébucha et tomba en dos. C'était un vieux zombi déjà bien amoché, déjà toute à l'heure il traînait ses pieds sur le sol tel un adolescent blasé de la vie. Et alors je fondis sur lui, lui tranchant la gorge. Mais ma lame était bien plus affutée -ou la chaire du zombie bien plus décomposée- que je ne le pensais. Sa tête se détacha de son corps encore plus facilement que si j'avais coupé une tranche de pain. De rage, pour avoir brisé notre idylle avec Lorias, pour avoir tué ceux que j'aimais, pour avoir détruit ma vie, je rouais son torse de coups de couteau. Je ne sais pas quelle était cette haine soudaine qui pulsait dans mes veines, mais elle était belle et bien là. Peut-être parce que je ne l'avais jamais vraiment exprimée jusqu'à maintenant. Peut-être parce que le fait d'avoir trouvé Lorias, bien que je m'en sentais très chanceuse, me rappelait que plus rien ne sera jamais comme avant.
Je n'entendais pas les craquements sinistres de ses os qui se brisaient sous mes coups, je ne sentais pas l'odeur ignoble de son corps en décomposition, je ne voyais pas les éclaboussures de sang souiller mes vêtements propres et ma peau claire. Ce zombie était devenu en une poignée de secondes le monstre de mes cauchemars et l'incarnation même de toute cette douleur qui me rongeait depuis des années.
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Comme prévu, Rae ne tarda pas à me rejoindre et attaqua le vieux cadavre tandis que je m'en prenais à l'autre, une femme qui aurait pu paraître jeune si ses traits n'étaient pas décimés par la mort et sa décomposition. Je l'empoignai, enfonçai la dague dans la tempe et laissai tomber le cadavre inerte au sol. Mais il y avait encore des bruits de coups et des cris de rage. Je me tournai, le coeur battant, des images d'horreur flashant mon esprit, brouillant ma vue. Un soupir de soulagement libéra ma poitrine quand je vis Rae s'attaquer au mort. Ouf. Elle n'avait rien. Mais Rae continuait malgré la menace anéantie. Presque anéantie. Une tête gronait un peu plus loin, détachée de son corps. J'allai la rejoindre et mis fin à sa misère d'un coup propre de dague. Je me relevai et revins auprès de Rae, une tristesse profonde m'envahissant alors que je comprenais ce qui se passait. Rae avait lâché prise. Elle laissait sa colère et sa douleur s'échapper, s'abattre sur ce corps désormais innocent car dénué de vie. Cela me pinça le coeur, car cette détresse-là je ne la connaissais que trop bien. Je l'avais connue il y avait des années de cela, alors que l'apocalypse était encore loin devant moi et que je n'étais encore qu'une enfant. Le pire, pour moi, avait été ce terrible sentiment d'injustice qui m'avait rongée pendant des années avant qu'Emily m'apprenne à le contrôler et à l'apaiser.

Mon coeur se serra si fort dans ma poitrine que je crus le sentir se briser. Encore une fois. Je vis la petite fille debout dans la forêt devant cette femme qui n'arrivait plus à vivre et une voix dure dans ma tête m'ordonna de bouger. Emily. C'était sa voix. Du moins, c'était la mienne, mais avec la force que je n'avais jamais eue avant l'apparition d'Emily. En un clignement de paupières je me ruai sur Rae, et, me plaçant derrière elle, j'enroulai mes bras autour de ses épaules et pressai ses biceps tout en la relevant pour la faire lâcher le couteau. Je la serrai fort, très fort, jusqu'à ce que le couteau tombe, puis la relâchai légèrement pour me faufiler devant elle sans la lâcher, ignorant le cadavre dont le sang pourri imbibait la terre de notre jardin d'Eden. Je serrai Rae dans mes bras, une main dans ses cheveux pour tenir sa tête sur mon épaule et lui faire comprendre qu'elle pouvait se laisser aller aux larmes, abandonner la violence et se montrer vulnérable un instant. J'étais là pour elle aujourd'hui, et cela me rassura un peu, referma une plaie, celle de l'enfant qui n'avait eu personne ce jour où elle avait ainsi explosé. Une larme s'écoula sur ma joue. La première de nombreuses. La douleur de Rae m'avait frappée en plein coeur. Je ressentais le besoin de la faire aller mieux, car si elle n'allait pas mieux, je n'irais jamais mieux moi-même.
- Tu es en sécurité Rae, et tu le seras encore demain. Ce à quoi on doit faire face aujourd'hui... n'est rien comparé à ce qu'on a affronté par le passé...
Je lui avais fait un discours sur l'importance du présent hier soir, mais je sentais que Rae avait besoin d'être rassurée sur l'avenir. Je voulais qu'elle sache que je ne laisserai pas les monstres l'avoir. Nous avons survécu jusqu'ici, nous n'allions pas mourir aussi futilement. Je m'en fis une promesse muette, malgré mon dégoût pour les promesses que l'on m'avait faites et qui n'avaient jamais été tenues.
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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je ne savais plus comment m'arrêter, mon esprit s'était déconnecté de mes gestes qui se répétaient encore et encore. Le corps de ce monstre n'était bientôt plus que de la chair à pâter mais je ne m'en rendais pas compte: car la rage ne s'en allait pas. J'avais beau m'acharné, sans cesse et sans relâche, rien ne changeait. Je me sentais désemparée, perdue, je commençai à voir flou. D'abord, je pensai que c'était tout le sang qui giclait sur moi qui me cachait la vue. Et c'est lorsque ma première larme perla à mon oeil que je compris qu'il s'agissait d'eau dans mes yeux, non pas du sang. Mes coups se firent plus lents, plus désespérés. Mes bras commencèrent à trembler sous l'effort et c'est à cet instant que des bras chauds m'entourèrent. J'essayai d'asséner encore des coups, mais mes muscles se détendirent. Mes membres retombèrent mollement le long de mon corps, le couteau dégoulinant de sang, tout comme mes mains, glissa au sol. Mon regard fixa un instant le corps déchiqueté, l'oeuvre de ma rage. J'aurais pu l'observer encore longtemps si un doux petit minois ne l'avait pas remplacé. Quand mon regard croisa le sien, je me sentis épuisée, vide, monstrueuse et par dessous tout vulnérable. Comment avais-je pu laisser place à tant de haine soudainement ?

Quand Lorias me serra contre elle, passa sa main dans mes mèches collées entre elles par l'hémoglobine séchée, je me laissai aller aux larmes. Les sanglots serrèrent ma gorge et les torrents salés dévalèrent mes joues souillées de sang. Mes doigts s'agrippèrent à elle. Je m'étais montrée vulnérable car je savais que Lorias serait là pour me protéger. Durant tout ce temps, j'avais été seule. D'abord, je devais tenir bon afin de survivre. Puis, une fois chez les Lignums, je n'ai jamais dû faillir au vu de mon rang d'infirmière. Parce que personne n'aurait été là pour me rassurer. Aujourd'hui, c'était différent. J'ai osé montrer ma faiblesse et Lorias était là. Prête à me soutenir, à me relever. Et ses mots, ses cicatrices, me laissaient penser que déjà avant l'apocalypse elle avait dû bien plus endurer que moi. Elle était quelqu'un de fort, mais qui comprenait ma peine. Parce qu'elle était passée par là également et en était sortie endurcie.
J'ai l'impression d'avoir pleuré des heures. Avec Lorias, le temps me semblait toujours ralenti. Comme pour me laisser plus de temps afin de les marquer dans ma mémoire dans les moindres détails. Quand mes sanglots se dissipèrent, je me reculai un peu, pouvant ainsi l'observer. J'essuyai mes larmes du revers de ma main. Je ne voulais plus qu'on les voit, je ne les avais jamais laisser paraître jusqu'à maintenant. Mais de toute manière, mes yeux bouffis me trahissaient. Je me sentais mieux. J'avais éliminé toute cette peine, cette rage, cette tristesse. Tout ce que j'avais accumulé depuis des années. Et d'ici à ce que nous soyons retournée au campement, je serai à nouveau d'attaque pour tout recommencer d'un bon pied. Campement... Je ne lui en avais toujours pas parlé. Je connais un endroit où nous pourrons être en sécurité toutes les deux, évoquai-je la voix affaiblie par toutes ces émotions.

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« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Les larmes soignaient plus de maux que la violence. Elles relâchaient la colère avec une plus grande efficacité que les coups. J'espérais vivement que Rae se sentirait mieux après avoir tout relâché. Je sentais sa souffrance et je souffrais à mon tour. Cette souffrance qu'elle avait découvert au début de l'épidémie et qui ne l'avait pas lâchée. Je souhaitais lui faire comprendre qu'elle devait voir sa vie antérieure comme une chance, mais pour cela il me fallait tout lui raconter, et je ne le pouvais pas. On m'avait souvent demandée, à l'école, si j'étais adoptée, puis, alors que je répondais oui comme une évidence, ne ressemblant pas du tout à ma famille adoptive, on me demandait qui était mon vrai papa et ma vraie maman et pourquoi je n'étais plus avec eux. Au collège. Au lycée. A l'université. Ces questions n'en finissaient plus. Je ne voulais pas raconter. C'était si simple pour les autres d'évoquer ces sujets. Je ne voulais pas y penser. J'avais des parents adoptifs qui m'aimaient et c'est tout ce qui comptait. A quoi bon ressasser le passé quand le présent était paisible ?

Pour Rae, c'était le contraire. Son passé était paisible, son présent tourmenté. Mais elle était si chanceuse d'être construite sur des souvenirs heureux ! Elle souffrait du manque, mais elle restait globalement lucide, jusqu'à ce qu'elle s'épuise aujourd'hui. J'étais là pour lui rappeler que la vie n'était pas si terrible, pas alors que nous nous étions rencontrées. Nous étions là pour nous entraider et nous soutenir, aucun monstre ne changerait cela, aucun monstre ne nous le retirerait. C'est en craignant le passé qu'elle se mettait en danger.
Ses mots m'atteignirent comme un souffle de vie et je pus respirer à nouveau. Je me rendis seulement compte que ma respiration s'était coupée aux larmes de Rae, teintant mon visage d'un rouge qui réclamait de l'air pour s'apaiser. Elle retrouvait espoir, alors moi aussi. Elle évoqua un endroit sain et sauf pour nous. Pourquoi avait-elle ainsi lâché ses nerfs sur ce cadavre si elle avait la certitude de pouvoir vivre quelque part en sécurité ? Je décidai de laisser cette question de côté. Je me redressai pour mieux voir le visage de Rae, plongeant mes yeux dans les siens ternis par les pleurs.
- Je te suis, Rae, déclarai-je simplement.
Je ne pouvais pas la laisser partir seule dans cet état et je n'avais nulle part où aller, alors je décidai de lui faire confiance.
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Mar 1 Mai 2018 - 18:40
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Le regard de Lorias s'ancra profondément dans le mien. Si clair, si indescriptible. A mi chemin entre le vert et le gris, il semblait pourtant scintiller. S'y mélangeant la couleur de l'espoir ainsi que celle de la tristesse, je n'avais aucun doute sur son passé tumultueux. Sa manière de parler, le choix de ses mots, les cicatrices de son corps: des films aux scénarios variés tentaient de se faufiler dans mon esprit. Néanmoins, je les refoulai. Je ne voulais pas  m'imaginer ce qu'elle avait pu vivre. Je ne voulais pas m'imaginer la connaître sur des idées préconçues. Un jour, peut-être m'en parlera-t'elle. Ou peut-être jamais. C'était très bien ainsi. Je voulais vivre avec elle, avec ce qu'elle m'offrait d'elle. Je respectais ses zones d'ombre, nous avions tous droit à notre petit jardin secret.

Ses mots me gorgèrent d'une force nouvelle. Mon coeur s'emballa sur ces petites paroles plus que banales, mais qui signifiaient tant à mes yeux. Un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Je me sentais mieux. Il n'y avait pas à mentir sur cela. Lorias, rien qu'en me regardant, me transmettait puissance et courage. Et ses mots, ses gestes, son contact, me faisaient bien plus.
Prenant appui sur un genou, je me levai. J'ignorai le spectacle morbide à mes pieds. Je voulais oublier cette parenthèse. Mais le sang sur mes mains suffisait bien à me le rappeler. Je les observai un instant. Elles étaient couvertes d'hémoglobine coagulé. Mes vêtements aussi. Peu importe. Nous n'avions pas le temps pour une seconde douche. Si deux d'entre eux étaient parvenus à nous trouver, alors d'autres le pourraient. C'était peut-être simplement un jeu de malchance, mais je préférais jouer sur la sécurité que sur le hasard.
Je jetai un regard circulaire autour de nous, m'arrêtant un instant sur l'étang. On y voyait de la vie à sa surface, des poissons venant cueillir une gorgée d'air, des joncs caressés par le vent, des canards barbotant et faisant leur toilette du matin. Les animaux n'étaient pas pourchassés par les zombies, eux. Ils se contentaient de vivre tranquillement et en profitaient afin de proliférer. L'emprise des hommes s'étaient libérés. Plus d'usine, plus de pollution, plus de villes grandissantes, plus de population croissante. Ils pouvaient reprendre leur vie là où ils l'avaient laissé avant notre arrivée. Je les enviais. De vivre aussi sereinement. Alors, nous devrions bouger, évoquai-je, pensive, le regard perdu vers l'étang, me remettant tout juste de mes émotions.
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Dim 6 Mai 2018 - 21:28



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« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Nous devrions partir. Partir loin d'ici, de ce chalet que nous ne reverrons peut-être jamais. C'est ce que j'avais du mal à admettre. J'avais du mal à imaginer la vie loin de ce chalet si paisible, mais si Rae connaissait un endroit plus sauf, alors notre place y était. C'était l'une des lois de la survie. On ne choisissait pas l'endroit où habiter, ni quoi manger, encore moins quels vêtements porter. On prenait ce qui venait. On s'adaptait. J'espérais néanmoins que cet endroit suffirait à rassurer Rae. Elle avait peur de perdre le peu qu'elle avait, et moi aussi en un sens, mais j'avais l'habitude d'avoir peur de perdre, je m'y attendais même. Ainsi je profitais mieux du présent et de ce qu'il m'apportait.
Avec un bref hochement de tête, je retournai à l'intérieur du chalet et allai enfiler un t-shirt propre, le plus confortable possible, ainsi qu'un léger pull. Je mis mes chaussures et rangeai mes affaires dans un sac, réussissant à caler un jean propre en bon état trouvé dans un placard malgré le nécessaire de survie que le sac contenait déjà. Heureusement d'ailleurs que j'avais trouvé ce sac à dos dans le chalet, je n'aurais jamais pu me refaire un sac de vivres après avoir perdu le mien la veille. Je rangeai méthodiquement les conserves dans le sac ainsi que le reste des snacks pris à la station service pour en porter un maximum. Je pus mettre la majorité des conserves dans mon sac, laissant à Rae les vivres les moins lourdes à porter. Une fois mon sac fait, je me levai, allai nettoyer la dague dans la salle de bain puis la coinçai à ma ceinture. Il était temps de partir.

Je décidai alors d'aller attendre Rae à l'extérieur pour surveiller les alentours. Je doutai qu'elle prenne du temps à ranger ses affaires, je voulais seulement prendre un pas d'avance pour éviter toute surprise sur le chemin. J'écoutais alors chaque bruissement de feuille, chaque bouffée de brise, chaque craquement de brindille. J'observais les faibles rayons du soleil disparaître entre les troncs d'arbre pour laisser ceux-ci se ternir. Je prenais garde à chaque ombre que j'apercevais. Mes pieds ancrés dans le sol sentaient les fourmillements des millions d'insectes dans la terre et je guettais les moindres petites vibrations qu'un pas lourd pouvait apporter. Mes sens ne captaient rien d'explicite, mais j'avais un mauvais pressentiment, le même que celui que j'avais lorsque je me réveillais en pleine nuit, enfant, dans la pénombre silencieuse de ma chambre, m'étonnant toujours lorsque ce réveil prédisait le retour de mon père. Ce qu'il faisait dehors, je ne le comprenais pas à l'époque, je me doutais seulement que c'était mal et que la beuverie faisait partie de ses activités nocturnes. J'étais pourtant encore bien loin de la vérité. Je ressentais l'horreur sans la comprendre, sans savoir exactement ce qu'elle représentait, pensant longtemps qu'il ne s'agissait que de ma peur. Mais non. Ce que je ressentais à l'époque et ce que je ressentais alors devant la petite maison de bois était une intuition. L'intuition d'un danger imminent.
- Rae, nous devons partir. Immédiatement, la prévins-je calmement.
Partir, certes, si possible du côté opposé au danger.
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Lun 7 Mai 2018 - 19:23
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Avec elle à mes côtés, j'avais l'impression de pouvoir me rendre à l'autre bout du monde sans encombre. Je savais que nous étions importantes l'une pour l'autre, comme une sorte de symbole. Nous adorions l'autre, parce qu'elle reflétait ce que nous n'étions pas. Et dans un sens, nous nous ressemblions aussi. Mes pensées n'aboutissaient pas sur des faits très concrets, mais je n'arrivais pas à mettre des mots sur cette jeune femme qui m'avait touchée en plein coeur. Dans tous les cas, il était temps pour nous de mettre les voiles, ensemble cette fois-ci. Nous allions continuer l'aventure ensemble, main dans la main. Je n'avais plus peur et je me sentais plus confiante désormais. Je me sentais intouchable. Et ce encore plus lorsque nous étions dans notre petit cocon, notre petit chalet en bois qui nous avait accueilli l'espace du nuit. A peine avions-nous franchi le pas à l'extérieur, voilà que nous étions déjà attaquées par des zombies, alors que nous n'en avions plus vu un seul depuis la veille. Etait-ce un signe ? J'étais loin de l'imaginer comme tel, mais aujourd'hui, je savais que nous aurions dû nous hâter bien plus à quitter ce havre de paix.

Lorias acquiesça et rentra préparer ses affaires. Je la regardai disparaître dans l'encadrement de la porte, puis je rabattis mes yeux sur l'étendue d'eau face à moi. J'aurais apprécié aller me baigner. Ca aurait pu être agréable. L'étang avait certainement une température encore tiède, réchauffé par le soleil estival. Soupirant, je me ravisai et gravis les marches du perron en ramassant les deux assiettes au passage. Nous n'avions pas le temps. Et puis, c'était trop dangereux.
Je rinçai brièvement les assiettes dans le lavabo de la cuisine. Je voulais effacer le plus de traces possible de notre passage. Simple question de sécurité. Quand je me retournai, Lorias était déjà en train de ressortir du cabanon. Elle avait pris un sac à dos trouvé dans la maison et l'avait rempli à craquer. Le temps de ma rêverie, elle était déjà prête à s'en aller. Ce qui n'était pas réellement mon cas. De ce fait, je me hâtai de chausser mes souliers, je passai rapidement à la salle de bain et frottai nerveusement mon visage et mes mains souillés de sang. Je jetai un coup d'oeil dans le miroir. C'était mieux que rien. Je retournai à la cuisine, remplis mon sac du restant de nourriture et remplis ma gourde d'eau. J'espérais que nous aurions assez pour retourner au campement, et que ce voyage se déroulerait sans encombre. Je pris soin de récupérer mon glock19, de l'attacher à ma ceinture, et j'emportai également le couteau de cuisine qui m'avait servi à tuer le zombie toute à l'heure. Je trouvai un cache dans la cuisine afin de protéger la lame, et je l'attachai également à ma ceinture.
C'est à cet instant que j'entendis la voix de Lorias, provenant de l'extérieur. Un ton calme et posé, mais également strict. Elle ne rigolait pas. Mon corps fut parcouru de sueurs froides. Etions-nous en danger ? Je n'attendis pas une seconde de plus, et me précipitai dehors. Dans mon dos, je fermai doucement la porte du chalet et descendis les quelques marches sans un bruit. La jeune femme n'avait certainement pas voulu m'inquiéter, mais je préférais me préparer à tout. Peut-être n'était-ce rien après tout ? Je m'arrêtai à la hauteur de Lorias, mon regard l'interrogeant. Je n'étais pas sûre d'obtenir une réponse, alors je déclarai simplement: Commençons par contourner le lac par l'Est. Plusieurs heures de marche nous attendent avant d'atteindre le campement. L'idéal serait de trouver un véhicule en état de marche. C'est vrai que je ne lui avais pas expliqué précisément où nous nous rendions... Mais j'aurai amplement le temps durant notre longue randonnée qui nous attendait.
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J'avais toujours une impression neutre sur le monde autour de moi. C'était l'équilibre entre ma vision enfantine optimiste du monde et la vision pessimiste qu'Emily m'avait apportée. Je voyais en ce jour les choses de manière neutre, pesant le pour et le contre, analysant le bien et le mal. Une chose bien difficile à faire quand le monde dans lequel on vit est détruit et grouille de monstres.
Rae me rejoignit rapidement et proposa de contourner l'étang par l'est. Cela me donna un frisson, sans que je ne sache pourquoi. La simple idée de border l'étang me faisait froid le dos. Un mauvais pressentiment ou une mauvaise expérience passée, peu importait. Ce qu'il fallait en retenir, c'était la prudence. Nous avions laissé l'horreur de côté pour la nuit, il fallait maintenant se souvenir de son existence. Si nous voulions être heureuses, nous devions prendre en compte le mal qui régnait en maître sur le monde. Le mal... ç'avait une connotation religieuse, comme s'il existait réellement le Bien d'un côté, et le Mal de l'autre. Je ne voyais pas vraiment ça comme ça. Le mal, pour moi, c'est ce qui faisait souffrir, tout simplement. Les morts en étaient. Perdre Rae le serait. Et je refusais de laisser ceux-ci s'approcher d'elle. Mais pouvais-je vraiment la protéger ? Ne serait-ce pas empiéter sur sa liberté que de l'envelopper dans un bouclier pour que jamais elle n'ait à nouveau contact avec le mal de ce monde ? Je ne pouvais pas l'empêcher de combattre le premier mort venu... même si mon coeur devenait fou quand je voyais Rae au contact de l'un de ces monstres. Je me fichais de mourir... mais assister à la mort injuste de quelqu'un d'autre ? D'une personne de qui je m'étais sentie si proche si vite ? Inconcevable.

- Contournons l'étang, mais restons loin de son bord. Les bois nous couvrent mieux.
La désagréable sensation de danger ne me quittait pas. J'avais l'impression que nous serions en péril aussitôt arrivées au bord de l'étang. J'étais bien décidée à ne pas m'en approcher, encore moins à laisser Rae s'y aventurer. Je fis un premier pas vers l'est, me tournant vers Rae pour l'interroger du regard. Elle était la guide, et je suivrai ses pas autant que j'assurerai ses arrières. Je voulais quitter ces bois au plus vite et aller me réfugier dans cet endroit dont Rae m'avait parlé. Cet endroit où je pourrais réfléchir plus posément. Cet endroit où je saurai Rae plus en sécurité. Le risque zéro n'existait pas, évidemment, mais je détestais sentir autrui en danger. Cela me donnait vite la nausée, parfois même des vertiges. L'envie d'accélérer le pas m'était pressante, mais nous marchions déjà à bonne allure et la précipitation n'avait jamais rien de bon. Je restais à l'affût. J'attendais avec impatience la liberté. Ces bois me paraissaient être un étau qui se resserait autour de moi. Si j'avais dû admettre symboliquement ce qu'ils représentaient, je dirais que les monstres qui avaient surgi précédemment m'avaient rappelé un très mauvais souvenir.
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Mar 8 Mai 2018 - 22:54
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Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Dans l'air flottait un soupçon de tension. Il me semblait que Lorias n'était plus aussi détendue, aussi sûre d'elle qu'elle aurait pu l'être plus tôt. Peut-être était-ce juste un pressentiment, mais la manière dont elle m'avait demandé de me dépêcher, sa façon de regarder étrangement l'étang... Tout cela ne me disait rien qui vaille. Mais si la belle brune n'était pas dans son assiette, alors je me montrerai positive afin de faire balancier. Je ne voulais pas que tout tourne au vinaigre... Tout s'était bien déroulé jusqu'à maintenant.

Lorias fit un premier pas, me jeta un coup d'oeil. Je lui souris simplement, passa ma main sur son bras. Je voulais lui dire "tout ira bien, je te le promets.". J'aurais tellement aimé lui dire... Le lui promettre. Mais de nos jours, on ne pouvait rien promettre. L'avenir était incertain. Lorias avait raison de ne pas s'y fier. Il pouvait se montrer si traître. Il ne nous restait que de l'espoir... Plus de promesse. Plus de parole en l'air. J'avais conscience de cela lorsque je me mis en marche, silencieusement, longeant la bordure de forêt plutôt que celle de l'étang. Je sentais que Lorias voulait presser le pas, mais notre rythme était déjà bien soutenu. Et si nous voulions vraiment marcher tant de kilomètres, il nous faudrait nous ménager...
Serrant mes mains autour des lanières de mon sac à dos, j'avançais d'un bon pas à travers les herbes hautes, signe du manque d'entretien du lieu. Avant, quand j'y venais avec mon père, l'herbe était coupée et les arbres taillés. Cet endroit était accueillant et chaleureux, on aurait aimé y passer des heures, voire des jours entiers sans se soucier du temp qui passe. C'était un peu ce que j'avais fait avec Lorias. Nous nous étions laissées portées par la douceur d'un foyer. Cette jeune femme m'aidait à tirer des similitudes avec des évènements de mon passé et cela me réconfortait. Grâce à elle, je pouvais retrouver des fragments du monde d'Avant.

J'observais, je scrutais, le plus silencieusement possible les alentours. Mon regard allant de l'étang à la forêt, je cherchais la moindre trace de danger dans la brise, dans l'herbe fraîche, à la surface de l'eau. Je ne voyais rien. Je ne percevais rien. Tout semblait être désert. Calme. Peut-être trop calme, justement ? Bientôt, nous arrivâmes à l'extrémité du petit lac. Il s'y trouvait encore quelques petites cabanes ainsi qu'une route goudronnée s'enfonçant dans les bois. Il nous faudrait le traverser avant de trouver de plus grandes étendues, ainsi qu'une petite ville où la chance nous permettrait peut-être de trouver un véhicule.
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