AccueilMembresPublicationsCalendrierFAQRechercherGroupesS'enregistrerConnexion


Chapitre I
5 years later
T e a s e r
Obsidia Corporation est un laboratoire scientifique qui travaille anonymement et en toute discrétion sur la modification du génome humain. Néanmoins, aux yeux du monde, OC est un laboratoire de recherches dans le génie génétique qui prétend pouvoir trouver un remède à toutes les maladies. Lorsqu'un médecin prend en charge un patient dans un hôpital en Ohio, il découvre curieusement un virus encore inconnu à ce jour. Mais très rapidement, alors que le monde est en train de changer, le Dr Hasting fait une découverte surprenante sur l'origine du virus, ainsi que sur le laboratoire OC...
Partenaires

S t a f f
P r é d é f i n i s
C.A
Nom
Fiche
J.G
Noc
Fiche
M.S
Noc
Fiche
C.T
Lig
Fiche
M.R
Lig
Fiche
S.G
Lig
Fiche

Aléa - Lorias

 :: Game On :: The Outside :: Routes Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
En ligne Rae Lucas
Lignum
avatar
Age : 26
Métier : Infirmière
Messages : 81
Badges :
Mer 4 Avr 2018 - 14:07
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Voilà bien longtemps que je n'avais plus eu un réveil si réparateur, si tranquille, sans être hanté par les images du passé. Lorias avait révélé en moi une nouvelle envie, un nouvel objectif, celui de voir plus loin. De vivre pour ce qu'aujourd'hui a à offrir et non pour ce que hier nous a pris. C'est dans cette nouvelle philosophie que je me suis laissée porter dans les songes et que je me suis sentie si bien. Je ne sais pas exactement si c'était les douces caresses de la brune ou les rayons de lumière qui fendaient les rideaux qui me réveillèrent, mais doucement je me sentis reprendre pied dans la réalité. Nous n'avions quasiment pas bougé, j'étais toujours blottie contre elle, mon bras la serrant contre moi. Je ne voulais pas me mouvoir, pas d'un millimètre, j'étais trop bien avec elle. Ce moment me semblait parfait. Nous étions dans ce petit cabanon, si bien, si agréable. Comme un coin de paradis au milieu du monde dévasté. J'aurais voulu rester ici pour toujours, loin de tout, avec elle. Mais tôt ou tard, le devoir allait m'appeler et je devrai retourner auprès des miens. Ils avaient besoin de moi désormais. Je m'étais liée aux Lignums comme on se lie à une famille de substitution, à des amis. J'avais des responsabilités auxquelles je ne pouvais faillir. J'avais envie de demander à Lorias de me suivre. Je n'avais pas envie que nous reprenions des routes différentes. Néanmoins, je trouverais déplacer de lui demander une telle faveur. Nous nous étions peut-être liées, le temps d'une nuit, mais je ne voulais pas la séparer de sa liberté. Peut-être appréciait-elle cela. De vivre pour elle-même en solitaire. Moi, je savais que ce genre de vie ne me convenait pas. J'avais besoin d'une communauté soudée afin de m'épanouir. Et je ne pouvais en rien forcer Lorias à me suivre si ça n'était pas son idéal. Avec le jour, la réalité prenait le dessus et je me rendais compte que j'avais peut-être trop espéré. Que Lorias n'était qu'un doux rêve qui n'apparaissait que la nuit et qui disparaissait une fois le soleil levé... Le doute s'installait en moi au fur et à mesure que je m'éveillais. Jamais je ne l'aurais avoué à voix haute, mais une peur étrange s'installa en moi, dans un recoin de mon coeur: celle de voir sa silhouette s'en aller, puis se volatiliser, aussi rapidement qu'elle était entrée dans ma vie.

Alors, les yeux toujours clos, mon bras resserrant son étreinte et à moitié éveillée, je me pressai un peu plus contre la brune en lâchant dans un soupire qui, en réalité, reflétait toutes mes craintes: Ne me laisse pas...
(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23
Métier : Ancienne étudiante
Messages : 40
Lun 9 Avr 2018 - 18:06



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Rae sembla s'agiter quelque peu, et je pensai qu'elle se réveillait, mais dans sa façon de se serrer un peu plus contre moi, je n'en étais pas sûre. Etait-elle en train de rêver ? Etait-elle en train de rêver de cette personne qu'elle avait pu aimer avant l'apocalypse et qu'elle souhaitait revoir plus que tout ? Mon estomac se serra à cette idée. Quel survivant ne voulait pas retourner à leur vie d'avant ? Quel survivant n'avait pas un foyer où retourner ? Des bras où se réfugier à nouveau, comme avant ? Que Rae aime son passé, qu'il lui manque son amour d'avant, c'était tout en son honneur, et je ne m'y opposais pas. Une partie de moi voulait simplement que ce moment partagé avec elle soit issu de nous, et non de fantômes du passé. Je n'avais personne à qui retourner. Même ma famille d'accueil ne devait plus se soucier de moi, si tant est qu'elle soit encore en vie. J'avais eu quelques conquêtes, un court amour de secondaire qui n'avait en réalité été que la confirmation de ma sexualité. Je n'avais rien d'important dans l'ancien monde. Je ne souhaitais pas y retourner. En fait, pour le moment, je ne considérais que ce moment précis où je me sentais bien, allongée dans ce lit, Rae installée contre moi.

En était-elle de même pour elle ? Dans tous les cas, elle semblait tout aussi confortable que moi. Des mots soufflèrent contre mes tympans et je me demandai si je les avais bien entendus ou si j'avais une nouvelle acouphène. Je mis quelques minutes à distinguer clairement ce que j'avais entendu, mais mon cerveau était encore en train de traiter cette nouvelle information. Ne me quitte pas. Rae venait-elle réellement de me dire ça, alors qu'elle se serrait un peu plus contre moi ? Etait-ce issu du rêve de son ancienne vie ou s'adressait-elle réellement à moi ?
- Si c'est ton passé que tu veux Rae je ne peux pas te le rendre. Il t'a déjà quitté, et je n'y peux rien, répndis-je calmement, la voix encore assez basse pour conserver la bulle agréable qui nous entourait toujours.
Le doute envahissait mon esprit et je n'étais pas sûre de ce que je voulais. Si c'est bien à moi qu'elle parlait, elle ne me voulait pas moi, mais l'idée qu'elle se faisait de moi, et dès qu'elle saurait la vérité à mon sujet elle partirait, car l'histoire qui m'avait forgée n'avait rien de rassurant. Et pourtant, je ne voulais pas qu'elle parte. Je ne la connaissais pas encore assez bien pour la comprendre vraiment, mais sa présence changeait complètement ma vision du monde. Plus d'obscurité. Plus de solitude, d'indifférence totale au milieu d'une foule de morts. Une souffrance apaisée. Je n'avais pas besoin de quelqu'un, j'avais besoin de Rae, car je ne me sentais pas de la même façon avec n'importe qui. C'était si évident, pourtant si compliqué. Je ne voulais pas me tromper sur Rae, car au fond, si nous nous séparions ce jour, je savais que le retour à la solitude s'avérerait compliqué.
Fiche codée par NyxBanana
Revenir en haut Aller en bas
En ligne Rae Lucas
Lignum
avatar
Age : 26
Métier : Infirmière
Messages : 81
Badges :
Sam 14 Avr 2018 - 20:45
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je n'aurais pas du prononcer ces mots et pourtant, ils me semblaient évidents, encore à demi-consciente, dans mon sommeil. Je ne voulais pas que Lorias s'en aille, je me sentais si bien avec elle et elle m'offrait une vision du monde nouvelle. Elle était exactement la personne dont j'avais besoin à cet instant-même de ma vie. Quelqu'un qui me donnait foi en l'avenir, qui taisait mon passé et me donnait envie de vivre mon présent comme je devais le faire.
La réponse de Lorias mit tellement de temps à tomber que je me demandais si je l'avais bien prononcé, ou si je l'avais rêvé. Il m'apparaissait des visions parfois si réelles que je les croyais vraies... Alors qu'au réveil, elles n'étaient qu'une envie irrévélée. Mes doigts se serraient contre elle, montrant mon désir de la garder près de moi, aussi longtemps qu'il le faudra. Mais ses mots... Mon coeur se serra. Etait-ce vrai ? Etais-je en train de penser à Aria ? Dans mes rêves, étais-je en train de penser que c'était elle que j'avais dans mes bras ? Pourrais-je avoir tant l'ennui d'elle ? Le doute se sema dans mon esprit, m'éveillant d'un coup brusque.

Aria, me manquais-tu plus que je ne l'imaginais ?
Evitant tout contact visuel avec Lorias, -j'étais bien trop gênée pour cela- je me levai. Je m'assis sur mon côté du lit, posant mes pieds tièdes sur le sol froid, ce qui fit parcourir un terrible frisson dans tout mon corps. J'enfouis mon visage entre mes mains, appuyant mes coudes sur mes cuisses. Un long soupire s'échappa d'entre mes lèvres. Les paroles de la belle brune avait été prononcées de manière douce, afin de ne pas briser notre petite bulle si agréable et débordant de perfection, mais je ne pouvais pas le vivre dans la même manière. Un doute trop grand s'infiltrait dans mon esprit. J'essayais de rechercher au plus profond de moi ce que je désirais réellement car, je me devais bien de l'avouer, tout me semblait encore flou. Même si Lorias avait su me redonner confiance, je ne pouvais pas passer du tout au tout. Elle me redonnait de la force, elle m'avait redonné confiance, mais je ne pouvais pas tout lancer derrière moi comme on lance un vulgaire caillou sans importance. Et si il y avait bien une chose dont j'étais certaine, c'était bien cela: en aucun cas je ne voulais utiliser Lorias pour substitut à quiconque.
-Non, désolé, je n'aurais pas dû te dire ça. Je ne veux pas plus t'impliquer dans tout cela. Je ne la regardais toujours pas. J'avais peur d'affronter son regard, peur d'affronter son jugement. Je ne voulais pas qu'elle me pense ainsi. Je ne voulais pas qu'elle croit que je voulais l'utiliser comme substitut. Je voulais simplement qu'elle croit que ce qui se tramait dans tout mon corps en ce moment était pour elle, uniquement elle, et personne d'autre. Mais je ne voulais pas l'étreindre de promesses. Je voyais Lorias comme une femme libre, une femme sans attache. Je ne voulais pas l'emprisonner au sein d'un clan, ou même auprès de moi. Je ne voulais pas lui imposer tout ça. Je me tournai légèrement, de sorte à lui être de profil. De toute manière... Ca n'était qu'une fois. Après, on ne se reverra plus, n'est-ce pas ? Mon regard se faisait plus brillant. Je ne voulais pas que l'on se sépare, mais peut-être en était-il autrement pour elle.


(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23
Métier : Ancienne étudiante
Messages : 40
Sam 14 Avr 2018 - 22:55



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Elle n'était pas sûre de ce qu'elle ressentait. Je m'en sentis presque vexée avant de me rappeler que moi non plus je ne savais pas ce que je voulais. Je n'avais aucun parallèle à faire avec le passé, mais je me demandais encore ce que je voulais faire ensuite. Nous avions vécu le présent, mais alors que Rae s'extirpait des draps, l'idée de futur me revint en pleine face. Il allait falloir se séparer. C'est ce que laissait penser le corps de Rae s'éloignant de moi. Elle était encore près, mais elle me paraissait loin. Nous ne nous connaissions pas, mais nous étions toutes deux marquées par ce que nous avions vécu depuis la veille. Car dans un monde comme celui-ci, on ne peut pas oublier les rencontres. Les vivants sont trop rares pour qu'on puisse les délaisser, les faire passer pour ce visage inconnu croisé un matin alors que nous buvions notre café sur le chemin du travail. Et si ça n'était que ça, ça serait plus simple. Je n'aurais aucun scrupule à quitter Rae maintenant, mais un visage comme le sien, un corps comme le sien, ça ne s'oublie pas.

Ce n'était qu'une fois. Après, on ne se reverra plus. J'entendis à peine son interrogation tant l'effroi fit vibrer ma peau. Le problème avec ce monde, c'est que si on décidait de s'arrêter à une fois et qu'on revenait plus tard sur notre décision, il était trop tard. Il n'y avait pas de peut-être, il fallait décider tout de suite. Il était trop tôt pour qu'on puisse savoir ce que l'on voulait vraiment. Il me semblait que Rae en souhaitait plus aussi, mais plus comment ? Encore un peu de temps dans les draps ? Encore quelques moments passés ensemble ? Une journée ? Une semaine ? Un petit voyage à deux sur l'autoroute de la mort. Et puis, ce serait fini. C'était impossible que ça s'arrête là. Si on se quittait maintenant, on ne se reverrait plus, mais si on partait ensemble maintenant, on ne se quitterait plus. C'est la sensation qu'elle me donnait. Ce terrible tout ou rien. La nuit dernière, j'avais tout eu de son corps, sauf peut-être son coeur. Et maintenant, elle me demandait de choisir si nous devions continuer ensemble. Tout continuer. Ou rien. Parce que pour nous, ici, il n'y avait pas d'entre-deux.
- Si c'est ce que tu veux.
Je ne pouvais pas décider. Je ne pouvais pas prendre cette responsabilité là. Il y avait le risque de se tromper, et celui d'être déçue. J'étais courageuse, jusqu'à ce point. Jusqu'à ce qu'on me demande ce que je voulais. Car finlement, personne ne me l'avait jamais demandé.
Fiche codée par NyxBanana
Revenir en haut Aller en bas
En ligne Rae Lucas
Lignum
avatar
Age : 26
Métier : Infirmière
Messages : 81
Badges :
Dim 15 Avr 2018 - 2:20
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Je ne savais vraiment pas quoi faire, quoi dire. Alors qu'il y a quelques instants à peine tout semblait parfait, désormais je me sentais seule et froide. J'avais quitté la chaleur réconfortante de la brune et des draps pour me retrouver délaissée sur le côté du lit. Seuls quelques mots avaient réussi à me faire douter sur une nuit toute entière, et même plus. J'avais passé des heures hors du temps en sa compagnie et en cet instant, je me retrouvais face à la terrible réalité. Si je restais plus longtemps avec elle, j'allais m'y attacher et je ne serais plus capable de la lâcher. La nuit passée ensemble avait quelque chose d'idyllique. J'en aurais aimé des dizaines d'autres. Mais je ne me voyais pas le lui demander. Pas si vite. Je n'en avais pas le courage et je ne savais pas ce qu'elle pensait réellement. Je ne voulais pas me faire de mal en recevant une réponse négative, et je ne voulais pas la blesser en lui proposant quelque chose trop rapidement. Néanmoins, d'un côté, il fallait choisir entre aujourd'hui ou jamais. Le monde était si vaste, si dangereux... Les probabilités pour que nos routes se recroisent étaient si faibles. Elles étaient même inexistantes... Et cette simple pensée suffisait à me terroriser.

Et ses mots ne firent qu'accroître ce sentiment. Si c'était ce que je voulais ? Non, justement, je ne le voulais pas ! Ce que je voulais, c'était m'enfuir dans ses bras, retrouver sa chaleur rassurante et passer encore des heures ensemble. Mais ses paroles me glacèrent. Je ne pouvais pas faire cela. Et après tout, qu'est-ce qu'elle voulait, elle ? C'était tout simplement cela que je devais lui demander, plutôt que de me remettre en cause encore et encore. Moi, je savais ce que je voulais, mais je n'osais pas lui avouer. Je ne voulais pas lui donner l'impression d'être pressée, le sentiment de substitut, ou quoi que ce soit d'autre. Je croyais le savoir enfin, ce que je voulais, avec une certaine certitude: je ne voulais pas que ces heures se comptent sur les doigts d'une main. Je voulais qu'elles défilent, qu'on en oublie certaines, que d'autres soient marquées dans ma mémoire à jamais. Je voulais Lorias. Aria faisait partie entièrement de mon passé. Elle n'avait plus rien affaire avec aujourd'hui. Il me faudrait encore quelques temps avant de ne plus appréhender l'instant présent mais j'étais sûre qu'avec Lorias, tout irait mieux. Tout irait plus simplement.
-Et qu'est-ce que tu veux, toi ? Enfin, j'osai lever mon regard azur vers ses perles aux reflets d'argent et d'émeraude. Mes pupilles scintillaient d'une émotion incertaine, peut-être était-ce de la peur. La peur de se retrouver abandonnée par les êtres proches encore une fois. Mes doigts se resserrèrent sur les draps blanc immaculé, attendant sa réponses non sans impatience. J'espérais qu'elle me dise la vérité. Non pas qu'elle évase la question, la contourne, ou l'ignore. Je voulais connaître le vrai fond de sa pensée.

(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23
Métier : Ancienne étudiante
Messages : 40
Dim 15 Avr 2018 - 21:55



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Elle me le demandait tout de même. Ce que je voulais. Je ne le savais pas moi-même. Une partie de moi voulait rester aux côtés de Rae, mais il y avait aussi en moi cette autre partie, la partie qui n'avait jamais été appréciée, qui avait toujours été rejetée. Quand Rae rencontrera cette partie de moi, elle s'éloignera. Et ce sera bien plus difficile de surmonter la survie seule à ce moment-là. Je m'attachais vite aux gens, et c'est seulement grâce à Emily que j'avais pu survivre l'enfance et l'adolescence. Je pardonnais toujours, même à mon père, même à mon oncle. Je serais restée avec eux sans Emily, j'en serais sûrement morte. J'étais naïve à ce point. Alors, devais-je me montrer naïve et suivre Rae, reprendre la survie avec elle ? Ou devais-je écouter ce qu'il me restait d'Emily et fuir ? Emily était violente, stricte, cynique. Je ne voulais pas laisser Rae la rencontrer un jour. Mais Emily était moi. Toute la colère, la haine que j'avais envers ceux qui m'ont trompés, usés, tous ceux qui ont abusés de mon innocence et de mon altruisme. Elle était ma force, ma violence, et n'avait pas de limites, encore moins après autant de temps passé à tuer. Tuer des vivants, des morts, ça n'avait plus de sens. Mais ce que j'avais dû faire pour survivre, je me devais de l'assumer. La perte de contrôle en revanche, je ne pouvais l'assumer en face de Rae. Je ne pouvais pas la laisser voir ce monstre en moi.

Pouvais-je partir ? En avais-je au moins la force ? Le courage ? Pour l'instant, Emily était très loin de moi. Je ne voyais que les courbes de Rae et son regard inquisiteur. Je devais me décider vite. Elle réclamait et méritait une réponse. A sa façon d'être là, au bord du lit, j'avais l'impression que je lui briserais le coeur si je lui annonçais qu'il était temps pour nous de nous séparer. On avait déjà beaucoup partagé en un jour, nous avions retrouvé des choses qui nous manquaient à toutes les deux : la chaleur, le confort, la sécurité. Ce dont je mourais d'envie. Je n'étais pas sûre d'en avoir le droit. Serait-ce égoïste de déclarer vouloir d'elle ? Ou au contraire, serait-ce égoïste de dire le contraire alors qu'elle semblait vouloir que nous continuions un peu ensemble ?
- Je veux ce que nous avons là, déclarai-je simplement comme si c'était évident.
Nous avions passé un bon moment, il serait idiot de ne pas vouloir que ça continue. Voilà ma façon d'éviter de dire que je la voulais elle, car en théorie je ne la connaissais pas encore assez pour ça.
Fiche codée par NyxBanana
Revenir en haut Aller en bas
En ligne Rae Lucas
Lignum
avatar
Age : 26
Métier : Infirmière
Messages : 81
Badges :
Dim 15 Avr 2018 - 22:37
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Mon corps était froid. J'avais quitté la chaleur rassurante des bras de Lorias, la douceur des draps. Mon moi tout entier était passé d'un moment de plénitude à une inquiétude grandissante. Je ne savais pas si je pouvais avoir assez confiance en la brune pour qu'elle ne me laisse pas tomber. Pour ne pas qu'elle ne fuie. Je ne savais pas si elle le voulait vraiment, d'être avec moi. Peut-être avait-elle peur elle aussi ? Etait-elle effrayée de la même chose dont moi je l'étais ? Mon coeur me poussait à me réfugier à nouveau contre elle et de ne plus jamais m'en séparer. Mon coeur avait compris que cette jeune femme pouvait faire beaucoup pour moi. Mon coeur avait compris que c'était elle dont j'avais besoin et personne d'autre. Même si mon esprit se refusait de penser ainsi après si peu de temps passé ensemble. Mais ces heures écoulées évoquaient déjà beaucoup et j'étais certaine qu'à l'avenir tout se passerait bien.

Je veux ce que nous avons là. Ces mots résonnèrent dans ma tête et je me sentis soudainement plus légère. Lorias avait le don de rendre les choses plus simples. Elle réglait tous les problèmes du monde en quelques syllabes. Encore une fois, je m'étais inquiétée en me préoccupant de l'avenir, en comparant ce dernier au passé, à l'affut d'une récidive. Mais là, Lorias... Encore une fois sa simplicité de voir les choses me faisait un bien fou. Tout comme moi, elle voulait l'instant présent. Et par là, elle entendait que ce présent se prolonge dans le temps.
Un sourire détendu, béat, heureux, prit place sur mon visage et je me laissai guider par les pulsions de mon coeur. Je ne le comprenais pas vraiment, mais c'était ce dont j'avais le plus besoin en ce moment. Alors je repris place dans le lit, aux côtés de cette belle brune mystérieuse qui ne me laisserait plus jamais indifférente. Je m'allongeai contre son corps, enfouis mon visage dans son cou parsemé de sa chevelure d'ébène, afin d'humer son parfum.
-Moi aussi, Lorias.
Je ne voulais pas partir et affronter le terrible monde extérieur. Cependant, là encore, il s'agirait de l'avenir. Mais Lorias avec moi, je me sentirais beaucoup mieux. Je me sentais beaucoup plus confiante, beaucoup plus heureuse. Il faudrait que je vienne à lui parler des Lignums. Je ne pouvais pas les quitter et partir avec elle, car ils avaient besoin de moi. Si elle voulait me suivre, afin de poursuivre "ce que nous avions là" elle n'aurait pas d'autre choix que de les rejoindre. J'étais certaine qu'elle y trouverait sa place, après tout nous étions une communauté accueillante et bienveillante. Mais encore faudrait-il qu'elle accepte. Je ne voulais pas précipiter les choses. Je décidai de parler de cela plus tard. Chaque chose en son temps. Je vidai ma tête de toute pensée négative comme positive et me contentai de cueillir cet instant de quiétude comme la plus belle fleur d'un champ.

(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23
Métier : Ancienne étudiante
Messages : 40
Lun 16 Avr 2018 - 1:16



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Moi aussi, Lorias. C'est avec ces mots que je comprenais ce que je voulais. Encore une fois, je ne voulais que l'instant présent. Le corps de Rae se collant au mien pour le réchauffer. C'était la réponse. Quand on pouvait avoir ça, on ne pouvait pas refuser. Toutes les autres questions disparurent tandis que son nez caressait mon cou. Comment réfléchir au futur quand on était si bien dans le présent ? Mon coeur roula dans ma poitrine, m'ôtant toute discrétion. J'étais sûre qu'on pouvait l'entendre à des kilomètres à la ronde. J'étais là, j'étais bien, cela suffisait. On avisera plus tard. C'était comme ça que je pensais dès que Rae faisait un pas vers moi. Elle voulait mes bras, elle y était retournée d'elle-même. Cela m'arracha un sourire, et plus je pensais à la situation et à comment nous en étions arrivées là, plus ça me faisait sourire grand, jusqu'à m'arracher un rire, un rire qui grandit et explosa, faisait trembler ma poitrine puis mon corps tout entier. Mon estomac se tordit sous ce rire et mes yeux se fermèrent, laissant mes autres sens profiter plus intensément du contact de mon corps avec celui de Rae. On s'était croisées sur l'autoroute, on avait fouillé et fui une station service, on s'était réfugiées ici et tout ce qu'on avait trouvé de mieux à faire, c'était de se faire plaisir sous la douche. On avait à peine mangé, à peine bu, on avait à peine discuté... on avait trouvé une belle fille consentante, attraction mutuelle, et on en avait profité pour se délester de toute la pression que la survie nous avait balancée.

Eh bah, au moins, si je décidais de rester avec elle encore longtemps, je savais que j'avais tout à gagner au lit, parce qu'elle était vraiment douée. Non pas que je sois difficile, mais quand c'est la fin du monde et que vous tombez sur la fille parfaite qui s'en sort dans tous les domaines incluant les moins catholiques, soit vous délirez, soit vous êtes dans le coma, soit vous avez vraiment beaucoup de chance.
Mon rire se calma peu à peu et j'enroulai doucement mes bras autour de Rae pour la serrer un peu plus contre moi, un sourire béat collé au visage. Toutes mes peurs s'évanouissaient pour un petit moment. Un peu de délivrance dans cette prison morbide qu'était devenu notre monde.
Je ramenai un peu plus Rae à moi, la serrai contre moi, mes bras comme une carapace protectrice, et roulai sur le côté pour renverser Rae. Mon buste sur le sien, mon sourire idiot se teinta de malice.
- On peut aller prendre un petit-déjeuner à base de légumes en conserves ou on peut rester ici encore un peu... proposai-je, me mordant la lèvre en dévorant du regard la moue matinale de Rae.
Les monstres pouvaient nous poursuivre là-dehors, mais ici ils ne pouvaient rien contre nous. On pouvait faire tout ce qu'on voulait, même les activités les moins propices à la situation actuelle du monde.
Fiche codée par NyxBanana
Revenir en haut Aller en bas
En ligne Rae Lucas
Lignum
avatar
Age : 26
Métier : Infirmière
Messages : 81
Badges :
Lun 16 Avr 2018 - 18:45
Frontière de la Dakota du Nord et du Montana, 13 septembre 2017



aléa
Rae & Lorias

« C'est une aveugle témérité que de se laisser conduire au hasard. »
Lorsqu'un rire cristallin remonta à mes oreilles, je n'étais pas certaine de comprendre. Y avait-il vraiment quelques choses de drôle dans ce qu'il venait de se dérouler ? Peut-être... Car nous nous montrions réticentes toutes les deux dès qu'il s'agissait d'avenir, alors que nous n'avions qu'une seule envie et c'était de rester dans les bras de l'autre. Nous n'osions pas nous avouer ce qui nous torturait au fond de nous, alors que c'était ce dont nous avions besoin. Heureusement, nos corps s'avaient s'entendre et parvenaient à montrer ce que nos mots ne pouvaient faire. Curieuse, étonnée, je me redressai sur un coude pour observer la belle brune qui continuait de rire. Ca ne faisait pas longtemps que je connaissais Lorias, certes. Néanmoins, j'étais certaine que les fois où elle riait de la sorte étaient plus que rares. Et la voir ainsi si heureuse, s'esclaffer pareillement pour une raison que j'ignorais, ça me faisait un bien fou. Elle était encore plus belle ainsi. Même si je n'étais pas certaine de comprendre réellement l'enjeu de la situation, je laissai un sourire craquant apparaître sur mes lèvres. Car je craquais pour elle, c'était évident, ça se voyait comme le nez au milieu du visage.

Alors que ses bras m'entourèrent et que ses émotions se calmèrent, je retournai me serrer contre elle dans son cou. J'apercevais un sourire sur son visage et je n'en pouvais plus, j'avais envie de l'embrasser afin qu'elle me transmette tout son bonheur en un seul contact. C'est à cette pensée qu'elle m'enveloppa et me fit basculer en prenant les dessus et son air malicieux ne fut pas sans me rappeler celui qu'elle avait affiché la veille...  Sa proposition relevait de l'évidence, entre un vieux petit-dej miteux et traîner au lit avec la plus belle femme qu'il m'ait été donné de rencontrer depuis longtemps, le choix était vite fait. Il devait en être de même pour Lorias, vu la mine d'affamée qu'elle m'offrait. C'était bien vrai, nous n'avions quasiment rien mangé. Mais je n'avais pas fait de légumes, ni de n'importe quelle autre nourriture en boîte...
Je passai mes mains derrière sa nuque, la caressant doucement en la dévorant du regard. Ses longues mèches brunes tombaient en cascade des deux côtés de mon visage, encadrant ainsi le sien qui était décoré de deux perles émeraudes scintillant sous l'éclat du soleil naissant. J'avais l'impression d'être revenue à une autre époque, une époque révolue. L'époque où ils n'existaient pas, où l'on pouvait sortir sans crainte, traîner au lit autant qu'on le voulait. Dans cette cabane au bord de l'étang, le ciel était découvert et l'astre solaire baignait la chambre à coucher d'une délicieuse lumière, cette luminosité qui nous invite à se lever lors des matinées de printemps. Je voulais profiter de cet instant.
-Hoo... fis-je en prenant une mine ronchonne. Restons encore un peu... Puis je laissai un léger sourire se dessiner sur mes lèvres et mes mains amenèrent doucement la tête de Lorias à la mienne. Je l'embrassai précautionneusement, sans rien presser car je comprenais à cet instant que nous étions bien loin d'être pressées... Le petit-déjeuner attendrait encore un peu.

(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23
Métier : Ancienne étudiante
Messages : 40
Jeu 19 Avr 2018 - 21:53



Aléa
« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. » - Wajdi Mouawad
Il y avait eu des matinées plus calmes que celle-ci. Il y avait eu de longues matinées d'ennui à attendre que les alentours se dégagent de la horde de monstres qui les traversaient. Il y avait des matinées où le courage s'était absenté et les heures se faisaient longues à attendre qu'il revienne pour pouvoir repartir et continuer à survivre. Il y avait des matinées de marche interminables où le paysage n'offrait aucun espoir et un arrêt aussi court soit-il s'avérerait le dernier, celui de l'abandon, celui de la mort. Ces matinées m'avaient donnée une nouvelle définition du mot calme. Le calme m'était devenu douloureux, mortel. Jusqu'à maintenant. La paix semblait être revenue dans la définition de ce mot. A l'absence de mouvements externes à notre cocon s'était ajouté l'absence de tumulte, l'absence de douleur. Le calme était aussi intérieur qu'extérieur. Je ne ressentais étonnamment plus aucun autre besoin que de rester chaudement contre Rae, car j'avais la crainte désagréable que tout ceci disparaisse une fois le pas de la porté passé. Je ne pensais plus rêver ou halluciner, du moins c'est ce que je me disais lorsqu'elle m'embrassait - je n'aurais pu imaginer un tel baiser - mais la réalité était plus fragile encore que le rêve et cela me poussait à rester méfiante sur les dangers du monde extérieur. Je ne voulais pas que la réalité vienne gâcher le peu que nous avions Rae et moi.

Rae avait sûrement cette crainte elle aussi. Qui ne l'aurait pas ? Dans la façon dont elle m'embrassait, je sentais le sens unique de ce moment. Si on avait de la chance et assez de courage, on aurait de nombreux autres moments similaires à celui-ci, mais jamais le même. Jamais ce moment dans le chalet au bord de l'étang, un matin d'incertitude et de tendresse paisible alors que tout autour de nous le monde se désintégrait petit à petit. Nous n'aurious plus jamais ce moment-là où nous nous connaissions tout en étant des étrangères et où nos lèvres pressées l'une contre l'autre commençaient tout juste à laisser en nous un sentiment de familiarité. Tout en ce moment était unique et c'est pour profiter de cela que je voulais vivre dans le présent, tout en gardant dans un coin de mon esprit l'envie d'avoir des milliers d'autres instants comme celui-ci, des moments similaires mais différents, tous uniques en eux-mêmes et qui me donneraient chacun un sentiment et des émotions différents. C'était ça la vie après tout, une succession de moments uniques et non le recommencement en boucle d'un même événement. Les moments passés avec Rae et non ce cycle vicieux de l'attente de quelque chose qui ne viendrait jamais, l'attente de la fin de la marche interminable sans but ni réel intérêt.
La fin de la marche, en fin de compte, c'était ma rencontre avec Rae sur l'autoroute. Et alors que mes lèvres se promenaient sur le corps parfaitement dessiné de Rae pour le redécouvrir, je me rendis compte que je ne voulais plus jamais marcher.
Fiche codée par NyxBanana
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONTAGION :: Game On :: The Outside :: Routes-
Sauter vers: